Le procureur général a d’abord tenu à rappeler que les violences sexuelles sur mineurs “était la priorité numéro 1 en Polynésie française. C’est souvent un problème intrafamilial qui se heurte au silence et contre lequel il faut lutter”.
La circulaire demandait le recensement des toutes les affaires de viols et agression sexuelle au point mort. Dans un premier temps, 420 dossiers ont été recensés en Polynésie française. “Mais en fait ce chiffre est faux, a d’abord tenu à préciser le procureur général. Essentiellement pour des raisons de défaillance de notre système informatique entre la métropole et nous. Nous avions de notre côté déjà entamé ce recensement début 2025 et nous avions identifié 308 dossiers à l’occasion des déplacements des magistrats du parquet au sein des services de police et gendarmerie.”
À ce jour ce ne sont, finalement, que 200 dossiers en déshérence qui ont été sélectionnés pour être réactivés. Si ces affaires n’avancent pas, c’est principalement pour des problèmes d’effectifs (“pas assez d’enquêteurs”), des “problèmes d’organisation”, la difficulté de faire procéder à des expertises médicales et le disséminement des dossiers à travers tous les archipels.
“Nous avons relancé ces affaires auprès des officiers de police judiciaire. Entre le 9 et le 26 juin, il a déjà été procédé à 36 gardes à vue, quinze pour des affaires de viols et vingt et une pour des agressions sexuelles.”
Selon les chiffres communiqués par le procureur général, ce lundi 29 juin 2026, cinq affaires font l’objet de l’ouverture d’une information judiciaire (une instruction va être ouverte pour approfondir l’enquête), quatre donnent lieu à des poursuites directe (un procès va être audiencé), pour douze autres, l’enquête de gendarmerie ou de police se poursuit et, enfin, sept ont été classées sans suite.
Sur la lenteur et le cumul de ces affaires, Frédéric Benet-Chambellan pointe les éternels problèmes d’effectif : “Il n’y a pas assez d’officiers de police judiciaire et il nous manque aussi des magistrats. J’en ai demandé deux de plus mais je n’ai pas de nouvelles.” Il pointe également la politique pénale qui se concentre beaucoup sur la lutte contre le trafic des stupéfiants, parfois au détriment des autres délinquances.
Le procureur général est inquiet également à l’approche des Jeux du Pacifique : “Ce sont des milliers de personnes qui vont débarquer à Tahiti. C’est un peu à la même échelle que les Jeux paralympique de Paris 2024 mais, pour l’instant, nous n’avons pas l’assurance d’avoir des effectifs supplémentaires pour cet événement.”



