La journée de l’autonomie, instaurée pour commémorer l’entrée en vigueur du statut d’autonomie interne en 1984, a été remplacée par une nouvelle journée fériée célébrée le 20 novembre, date du Matari’i i ni’a (levée des Pleïades). Malgré cette évolution du calendrier, les autonomistes ont tenu à marquer cette date symbolique.
Une cérémonie sobre s’est ainsi déroulée ce lundi matin au parc Paofai, au pied de la stèle dédiée à l’autonomie. Pour l’occasion, les principales figures du courant autonomiste ont affiché un front uni : Gaston Flosse, Édouard Fritch et Nicole Sanquer, étaient notamment réunis pour rendre hommage à cette étape de l’histoire institutionnelle de la Polynésie française.

Édouard Fritch, président du Tapura Huiraatira, a insisté sur la nécessité de transmettre aux jeunes générations l’histoire de ce combat politique : « Cela fait 42 ans que je vis l’autonomie, que j’ai vu l’autonomie mûrir avec Gaston Flosse au départ. Il faut rappeler à nos enfants que cette idée d’autonomie, ce n’est pas que le Tāhōʻēraʻa Huiraʻatira, ce n’est pas qu’un homme. L’idée a commencé à germer déjà dans les années 1950 avec Pouvanaa a Oopa, qui a fait remarquer à l’État à l’époque que les Polynésiens étaient prêts à se prendre en charge et à diriger leur pays. Depuis, le fait d’être autonome a été un combat ».
L’ancien président du Pays a également estimé que l’autonomie restait un chantier en constante évolution : « Je pense qu’on n’a pas fini d’améliorer cette autonomie, d’explorer toutes les possibilités que nous donnent les compétences du statut, et surtout, on n’a pas fini de prendre nos responsabilités. Parce qu’être autonomes, quand on parle des hommes et des femmes, ça veut dire aussi dépendre de moins en moins d’autrui. Il faut que l’on arrive enfin à vivre un jour seuls ».

Édouard Fritch a toutefois rappelé que la Polynésie française demeure aujourd’hui fortement dépendante de la solidarité nationale : « La France investit chez nous pratiquement l’équivalent de ce que nous dépensons nous-mêmes, notre budget ».
Un constat qui, selon lui, souligne le chemin qu’il reste à parcourir pour renforcer l’autonomie du Pays, sans remettre en cause son appartenance à la République française.
La cérémonie s’est achevée par un dépôt de gerbess.



