Double offensive du Tavini sur la souveraineté et les finances du Pays

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Le Tavini a occupé le terrain politique ce lundi. Le parti a tenu deux conférences de presse : l’une pour défendre son vote contre le report de crédits d'investissement, l’autre pour réaffirmer sa position sur la souveraineté du peuple ma’ohi sur sa Zone économique exclusive (ZEE), en pleine visite de la ministre déléguée chargée de la Mer et de la Pêche au fenua.

Deux conférences de presse ce lundi matin et même objectif sur le fond : recadrer le Pays sur sa gestion des investissements, mais aussi sur sa gestion des océans, alors que le président du Pays accompagne Catherine Chabaud, la ministre déléguée chargée de la Mer et de la Pêche, dans ses visites très largement portées sur l’économie bleue et la protection des océans. 

« Le point crucial qui nous intéresse également en termes de développement, c’est le développement de notre économie bleue a déclaré Tony Géros, vice-président du Tavini, lors de la conférence de presse. Et ça fait écho à la récente rencontre que nous avons eue avec les médias pour formaliser notre opposition à mettre en place des zones protégées dans la mesure où notre océan, -celle qui concerne notre ZEE, est d’une importance telle qu’elle s’étend sur une surface aussi grande que l’Europe qu’on ne peut pas se permettre aujourd’hui de commencer à faire des niches pour empêcher nos pêcheurs d’aller pêcher là où ils ont la possibilité de pouvoir pêcher ».

Le Tavini préfère ainsi recentrer le débat sur la souveraineté du peuple ma’ohi sur ses ressources naturelles. Pour le partie bleu ciel, les zones de protection renforcées ne peuvent pas être discutées uniquement sous un angle environnemental ou scientifique. Elles concernent aussi l’exercice de la souveraineté sur cinq millions de km² : « Elle (la ministre déléguée chargée de la Mer, Ndlr) refuse même d’en parler lorsqu’on se rencontre, notamment dans des visites comme celle-là, qui sont l’occasion pour l’État français d’avoir quand même à dire quelques mots sur ce sujet, mais non. On va mettre ça de côté. Ils ne veulent surtout pas aborder cette question. Ce qui nous revient à dire que, comme je le disais tantôt, ils sont dans le déni. Ils ne veulent pas reconnaître. Cette ZEE leur appartient. Et donc ils viennent ici visiter leur ZEE et envisager de faire dans leur ZEE ce qu’ils souhaitent faire tout seuls, donc de manière unilatérale. Nous, nous disons non. C’est fini, cette époque où on pliait l’échine, où on disait oui à tout ».

Même ton sur la gestion des finances et le collectif budgétaire : 42 milliards de crédits d’investissement non consommés et dont le report a été rejeté en séance vendredi. Y compris par le Tavini qui justifie ce matin son « vote de blocage » afin de provoquer « un électrochoc ». « Aujourd’hui, qu’est-ce qu’on voit ? Il y a beaucoup de projets qui traînent comme ça dans nos corbeilles depuis maintenant plusieurs générations de gouvernements et aujourd’hui je vois que le gouvernement Tavini s’est pris également à ce jeu. Donc il faut marquer la rupture. C’est pour ça que je ne suis pas du tout sur le même récit que mes collègues. Moi je dis qu’il faut arrêter et marquer la rupture parce qu’on ne va pas avancer si on continue à traîner des CP comme ça » affirme Tony Géros.

 « Marquer la rupture », c’est-à-dire changer de méthode : c’est ce que le président de l’assemblée demande à Moetai Brotherson, qu’il appelle à revoir sa copie et se concentrer sur les priorités. « Il y a de nouveaux projets il y a 41 milliards de projets qu’on n’arrive pas à réaliser, on recharge la mule avec de nouveaux projets. Je pense qu’il faut soit annuler les anciens projets qui n’ont plus lieu d’être et puis travailler sur les nouveaux projets, mais il faut que ce soit des projets quand même à moyen terme maximum, pas des projets à long terme. On est à deux ans des élections à moins que, effectivement, on veut faire des effets d’annonce ».

Le gouvernement est donc attendu avec une nouvelle copie. La prochaine version du collectif budgétaire devra encore convaincre une Assemblée, dont les lignes de fracture sont désormais bien visibles.

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