C’est sur la Presqu’île de Tahiti, à Taiarapu-Ouest, que Haamoe Hoata étrenne fièrement son uniforme de sapeur-pompier. À 33 ans, il est aujourd’hui le plus jeune chef de corps du fenua, à la tête du centre de secours de la commune.
Un poste qu’il occupe depuis décembre 2025, après un parcours entamé dès 2007 à Papara, dans le sillage de ses aînés. « Aujourd’hui, j’ai 27 gars sous mon commandement. 8 pompiers professionnels et 18 pompiers volontaires » , explique-t-il.
Un effectif qu’il juge toutefois insuffisant face aux réalités du terrain. « On a quand même des missions qui sont larges. Mais on fait avec l’effectif que nous avons aujourd’hui » , constate-t-il.
Car sur la Presqu’île, les interventions prennent parfois une dimension particulière. Certaines zones, comme le fenua aihere, ne sont accessibles que par la mer. « On a plusieurs prestataires dans la commune qui proposent des excursions. Le fenua aihere, c’est une zone non accessible en voiture (…). Ce sont des zones d’intervention très particulières, pour lesquelles on est entraînés, avec les équipements nécessaires pour pouvoir intervenir » , détaille le chef de corps.

Au-delà des contraintes logistiques, c’est une véritable vocation qui l’anime depuis ses débuts.
« Je suis passionné. C’est un rêve d’enfant. Dans ma famille, j’avais déjà un oncle qui était pompier à Papara. C’est grâce à lui que je suis dans le métier et que j’ai persévéré » , confie-t-il.
« Tu n’es pas pompier seulement quand tu portes la tenue »
Son engagement dépasse largement le cadre professionnel : « Ça m’a apporté beaucoup dans ma vie personnelle. Tu n’es pas pompier seulement quand tu portes la tenue. Tu es pompier partout. Où que tu ailles, où que tu sois, tu es pompier. Ce métier fait vite grandir. Au niveau des risques, on est plus prudent et on fait beaucoup de prévention » , assure-t-il.
Après plus de dix ans comme chef adjoint à Vairao, il doit désormais assumer un rôle plus large, celui de manager et de décideur. « Diriger deux bonhommes, c’est facile. Diriger une équipe, ça passe. Diriger un centre, ce n’est plus la même chose. Il faut beaucoup de sagesse, beaucoup de patience et beaucoup de communication également« , souligne-t-il.
À travers ce nouveau défi, Haamoe Hoata entend faire vivre un esprit d’équipe solide, tout en s’adaptant aux contraintes du terrain. Un engagement total, à l’image de cette nouvelle génération de pompiers, déterminée à répondre aux besoins d’un territoire aux réalités bien spécifiques.



