L’entreprise Hello Scoot a annoncé fermer ses portes après 5 ans d’activité. Ce jeudi en séance à l’Assemblée de la Polynésie, l’élu non inscrit Nuihau Laurey s’est interrogé sur la subvention dont avait bénéficié l’application de covoiturage de la start-up, Wigo devenue Hello Covoit’.
Une subvention d’un montant de 47 millions de Fcfp obtenue suite à un appel à projets. « Combien d’argent public a été versé à cette société ? a demandé Nuihau Laurey. Par ailleurs, puisque j’avais exprimé mon septicisme sur ce sujet que le ministre m’avait répondu par son oprimisme (…) à ce stade, quel a été au total, pas uniquement en subvention, l‘argent public investi, et notamment dans la prise en charge des trajets, (…) quel a été le montant total décaissé et quel a été l’investissement public puisqu’il était question aussi de réaliser des aires de covoiturage qui, dans le cadre des comptes administratifs de 2025, n’est semble-t-il exécuté qu’à 2.6% ? Combien d’aires étaient prévues au départ ? Est-ce qu’elles ont été réalisées ? (…) À l’époque il était question d’une étude. Est-ce qu’elle a été réalisée et si oui peut elle être communiquée à l’Assemblée ? » L’élu considère les sommes versées à Hello Scoot « excessives » et s’interroge sur une éventuelle procédure de remboursement.
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L’arreté du conseil des ministres approuvant la subvention attribuée à Hello Scoot établit que l’entreprise doit « produire dans un délai d’un an à compter de la date de versement de l’aide financière, les pièces justificatives auprès de la direction des transports terrestres attestant de l’utilisation de cette aide dans le cadre du projet présenté (…) À défaut de justificatifs ou dans le cas où les crédits de l’aide financière auraient reçu une destination n’entrant pas dans le cadre des actions citées à l’article 1er, un ordre de recette sera établi pour le remboursement de tout ou partie de cette aide. »
Lire ici – Hello scoot, c’est fini : un acteur de la mobilité en moins au fenua
Pour Jordy Chan, ministre en charge des Transports, la somme dont a bénéficié Hello Scoot n’est « pas si élevée que ça lorsqu’on compare à d’autres subventions versées par le Pays dans beaucoup de domaines ». « La raison pour laquelle on a lancé un appel à projets, c’était pour tester un modèle qu’on n’avait pas testé encore en Polynésie, c’est-à-dire une application qui permettait aux usagers d’effectuer des trajets de covoiturage courte distance pour faire des trajets domicile travail ou domicile études quotidiennement », explique-t-il.
L’objectif de téléchargements de l’application était de 25 000 selon le ministre. « On a atteint 15 000 téléchargement. Pas autant que ce qui était prévu mais tout de même ». 711 usagers étaient actifs sur l’application. Des événements ont été organisés afin d’inciter au covoiturage via l’application. Sans grands résultats. « Une partie de la convention était conditionnée à la réalisation des objectifs. Bien entendu, ce qui n’a pas été réalisé, on ne leur a pas versé. Pour ce qui a été réalisé, on a versé le solde de la subvention en question. »
Une réponse qui n’a absolument pas satisfait Edouard Fritch « Vous ne nous prenez pas au sérieux ! » a-t-il lancé, remettant en question la somme déboursée par le Pays. « Dans la vie réelle, 47 millions, c’est beaucoup d’argent » pour une « toute petite entreprise, minuscule (…). Qui a touché 47 millions pour lancer une entreprise dont vous avouez vous-même qu’elle a vocation à être déficitaire ? » , a interrogé Nuihau Laurey. « Choqué » , le représentant non-inscrit a ainsi demandé à Antony Géros la création d’une commission d’enquête, pour cet « argent public mal dépensé« .
Un montant « pas excessif » , s’est défendu Jordy Chan, taclant Édouard Fritch sur l’achat de l’atoll de Anuanuraro par le Pays en 2002, alors que ce dernier était ministre de Gaston Flosse – l’ancien président du Pays, pour ce rachat, avait été soupçonné de détournement de fonds publics aux côtés de Robert Wan. Dans cette affaire, tous les prévenus avaient été relaxés. « Il a coûté peut-être plusieurs milliards au Pays il y a plusieurs décennies, et il ne sert toujours à rien » , a-t-il lancé, déclenchant l’ire du président du Tapura et la suspension de la séance.



