Carburants : nouvelle hausse de 10 Fcfp par litre à la pompe ce lundi

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Les prix des carburants augmentent de nouveau en Polynésie française. Depuis ce lundi 2 novembre, les automobilistes doivent débourser 10 Fcfp supplémentaires par litre d'essence ou de gazole. Il s'agit de la deuxième hausse de l'année, après celle de 15 Fcfp appliquée en juin dernier.

Pas de difficultés d’approvisionnement, mais une tension sur les prix qui ne faiblit pas. Avec un baril à plus de 100 dollars, les réserves du FRPH s’amenuisent. Invité mercredi dernier sur le plateau de TNTV, le ministre de l’Economie, Warren Dexter, avait annoncé la couleur. « On s’aperçoit qu’à ce niveau de prix du baril, on aura du mal à finir l’année. C’est-à-dire qu’on n’aura pas suffisamment de réserves. Donc, on est là aujourd’hui à imaginer une augmentation à nouveau des prix à la pompe. C’est en cours d’arbitrage avec le président ».

L’arbitrage a donc retenu une hausse de 10 francs, portant le litre de 165 à 175 francs à partir de ce lundi 2 novembre. Un tarif qui reste inférieur à ceux pratiqués dans de nombreux pays de la zone (182 francs le litre d’essence en Nouvelle-Calédonie, 190 francs au Vanuatu, 221 francs en Nouvelle-Zélande). Mais cette hausse ne suffira pas à absorber le choc et pourrait ne pas être la dernière. Le 23 juin dernier, les tarifs avaient déjà été relevés de 15 Fcfp par litre, passant de 150 à 165 Fcfp. Soit une l’augmentation cumulée de 25 Fcfp depuis le début de l’année.

Pour contenir les prix, le Pays avait notamment mobilisé 3,5 milliards de Fcfp supplémentaires pour ce fonds en mars dernier. Cinq taxes à l’importation sur les hydrocarbures ont également été suspendues du 1er juillet au 31 décembre 2026, représentant un allègement fiscal de 3,8 milliards de Fcfp. Un effort financier considérable, alors que le FRPH repose déjà largement sur les finances publiques : en 2026, plus de 8 francs sur 10 de ses ressources proviennent du budget du Pays et des réserves du fonds.

Des efforts qui ne suffiront pas à mettre le Pays à l’abri des tensions sur les marchés internationaux. Au-delà du pétrole brut, les produits raffinés, comme le diesel, l’essence ou le kérosène, connaissent eux aussi une forte flambée. Les frappes ukrainiennes sur les raffineries russes ont réduit les capacités de production et perturbé les exportations de carburants. Pour préserver ses stocks stratégiques, la Russie se met elle aussi à importer.

Dans le même temps, les perturbations liées au conflit au Moyen-Orient raréfient l’offre en produits finis, faisant flamber les marges de raffinage (la différence entre le prix du brut et le prix du produit vendu). En Asie, les tensions sur l’approvisionnement se font particulièrement sentir. Singapour, principale plateforme régionale d’approvisionnement, n’y échappe pas. C’est notamment là que les navires pétroliers du fenua viennent se fournir.

« Il faut bien se dire que plus le prix du baril est haut, plus les importateurs achètent à ce prix-là » a rappelé Warren Dexter sur notre plateau. « Et forcément, il faut les rembourser sur cette base-là. C’est le FRPH qui finance. Et donc, ça impacte très lourdement le FRPH ». Si le fonds tente d’amortir le choc et limiter la hausse à la pompe, ses réserves s’amenuisent à mesure que la facture des approvisionnements grimpe.

Le Pays prévoit déjà une enveloppe de 2,5 milliards de francs au budget 2027 pour réalimenter le fonds. En fonction de l’évolution des cours et des tensions au Moyen-Orient, de prochains collectifs devraient compléter cette enveloppe pour une dotation estimée à près de 4 milliards.

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