À 9h30, 41 établissements étaient bloqués, soit un peu plus de 1% des quelque 3 700 établissements que compte la France, selon les chiffres du ministère. « C’est a priori assez résiduel (…) », a affirmé sur France Inter le ministre de l’Éducation Édouard Geffray. Une évaluation vivement contestée par l’Union syndicale lycéenne (USL), qui dit avoir recensé 150 établissements bloqués lundi.
Environ 15% des établissements d’enseignement supérieur ont eux subi « des perturbations » variables : « ça peut être un bâtiment qui à un moment a été bloqué dans la journée », ou « un ou deux laboratoires qui n’ont pas pu fonctionner », par exemple, a indiqué le ministre de tutelle Philippe Baptiste sur LCP.
Et le mouvement devrait prendre de l’ampleur cette semaine, avec un appel lancé pour bloquer mardi facs et lycées. Ce « devra être une journée noire sur les universités », lançait dès ce week-end l’Unef.
« La colère continue. On ne sent pas du tout un essoufflement », affirme Coppélia Moreau, d’Interfac Île-de-France, qui se présente comme l’assemblée générale des étudiants des facultés franciliennes.
Le collectif voulait manifester mardi entre le Panthéon et le siège du Medef mais la préfecture a mis son véto et proposé un parcours en périphérie, entre les portes de Charenton et de Montreuil.
Refusant ce parcours alternatif, le collectif compte saisir le tribunal administratif.
Bennes et grilles
À Marseille, sept lycées étaient bloqués lundi, sur les 75 établissements scolaires de la ville, d’après des lycéens militants.
En centre-ville, l’entrée du lycée Montgrand était bloquée dans la matinée par plusieurs bennes à ordures empilées devant les grilles.
La semaine dernière, le gouvernement a annoncé une série de mesures pour tenter de mettre fin au mouvement, né à la mi-septembre.
Les ministres de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur ont notamment promis le remplacement progressif de Parcoursup d’ici 2028, l’annulation des suppressions de postes prévues dans l’Éducation nationale, la création de 500 postes supplémentaires, un plafonnement à 28 élèves par classe de seconde et 15.000 places supplémentaires dans l’enseignement supérieur.
Un « premier pas » jugé insuffisant par les organisations de jeunesse qui ont toutes appelé à la poursuite de la mobilisation.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu s’est redit prêt à recevoir les représentants des lycéens « la semaine prochaine ».
« Miettes »
« Il y a eu des mesures peut-être, il y en a qui peuvent être acceptables, d’autres qui sont ridicules », a estimé Pia, 17 ans, en terminale au lycée Condorcet à Paris, également bloqué lundi matin.
D’autres tentatives ou blocages ont eu lieu dans la capitale comme à Hélène-Boucher ou Honoré de Balzac.
L’intersyndicale regroupant l’Union syndicale lycéenne (USL), l’Unef, la Fage et l’Union étudiante réclame un investissement de 10 milliards d’euros dans l’éducation et l’enseignement supérieur ainsi que l’abrogation de Parcoursup.
À Toulouse, au moins sept établissements étaient bloqués, a constaté l’AFP.
« Ce n’est pas deux annonces du gouvernement qui seront périmées dans quelques mois qui vont arrêter le mouvement », a déclaré à l’AFP Anton, 17 ans, élève du lycée Berthelot.
À Lyon, la préfecture du Rhône a dénombré 15 établissements avec des attroupements à l’entrée et un autre ayant décidé de faire cours en distanciel.
Devant le lycée Ampère, le blocage a tourné court, stoppé par les CRS dans le calme.
Les forces de l’ordre ont par ailleurs procédé à une interpellation en banlieue de Lyon pour usage de mortier.
« Année en risque »
« La priorité absolue… c’est que les élèves puissent aller en cours. Moi, j’ai des élèves qui passent le baccalauréat à la fin de l’année, qui pour plusieurs centaines de milliers d’entre eux n’ont pas eu cours depuis 4 ou 5 semaines (…) et pour lesquels, par conséquent, l’année scolaire est maintenant en risque », a prévenu Édouard Geffray.
Sur le terrain, certains élèves commencent à afficher leurs inquiétudes.
« Franchement ça pourrait être bien de reprendre le rythme un petit peu », a confié Ferdinand, élève en première à Lyon, qui s’alarme « d’un certain retard à rattraper avec des contrôles ».
« Je soutiens le mouvement et les revendications mais là c’est chaud, ça fait un mois qu’on n’a pas eu cours », a également témoigné un élève de seconde, 14 ans, devant le lycée des Arènes à Toulouse, bloqué par une centaine de jeunes.
Les chefs d’établissement appréhendaient eux aussi la reprise : « personne ne sait à quoi s’attendre, tout le monde est un peu sur le qui-vive », confiait à la veille de la rentrée Agnès Andersen, secrétaire générale du syndicat de chefs d’établissement ID-FO.



