Salons des Marquises et des Australes : l’heure du bilan pour les artisans

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Après une semaine d’exposition à Tahiti, les salons artisanaux des Marquises et des Australes ferment leurs portes ce dimanche 1er novembre. Si les ventes ont été au rendez-vous, certains exposants regrettent une fréquentation en baisse. Au-delà de l’aspect commercial, ces événements restent essentiels pour préserver et transmettre les savoir-faire traditionnels.

Après onze jours d’exposition pour les Marquises et une semaine pour les Australes, les deux salons artisanaux s’achèvent ce dimanche à Papeete. Au total, plus de 140 artisans ont fait le déplacement pour présenter leurs créations et partager les traditions de leurs archipels.

Au parc expo de Mama’o, 89 artisans marquisiens étaient réunis pour la 60e édition du Salon des Marquises, organisée par la fédération Te Tuhuka o te Henua Enana. Tiki, tapa, bijoux en os, parures en graines ou encore sculptures sur bois : les visiteurs ont pu découvrir une grande diversité de créations, mais aussi assister à des démonstrations et des animations culturelles.

Pour certains exposants, le bilan commercial est satisfaisant. « Comme d’habitude, nos produits plaisent et à chaque fois, on retourne dans nos îles avec peu de produits et on est content », se réjouit Viri Tata, qui repartira à Ua Pou avec des valises allégées.

Mais malgré les ventes, plusieurs artisans constatent une affluence moins importante que lors des précédentes éditions. « Il y a eu du monde, il y a eu des achats aussi, mais c’est différent des années précédentes. En fait, les années précédentes, il y avait plus de monde », observe Moeata Teikipupuni, exposante au Salon des Marquises.

Deux salons simultanés, une clientèle partagée ?

La tenue des deux événements à des dates quasi similaires suscite des interrogations chez certains artisans marquisiens. À quelques kilomètres de là, dans le hall de l’Assemblée de la Polynésie française (APF), plus d’une cinquantaine d’exposants venus de Rimatara, Rurutu, Raivavae et Rapa participaient à la 23e édition du Salon des Australes.

(Crédit photo : Tahiti Nui Télévision)

Placée sous le thème « L’art et la finesse du tressage et de la gravure des Australes », cette édition mettait notamment à l’honneur la vannerie traditionnelle, la sculpture sur bois et les créations réalisées à partir de matériaux locaux, comme le pae’ore, le roseau de montagne ‘ā’eho ou les coquillages.

Pour les exposants, les deux salons ne s’adressent pas nécessairement à la même clientèle. « Le salon des Marquises aussi, c’est un des salons qui est très attendu. Je pense que la clientèle, ils savent où il faut aller. Chez les Marquises, chez les Australes, chacun a ses goûts », estime Vainui Barsinas, exposante au Salon des Australes.

Là aussi, la fréquentation a été variable au fil des jours, avec davantage de visiteurs à l’approche de la clôture. « Dans la semaine, il y avait quand même des clients qui venaient nous voir, mais pas trop… Mais là, avant la fermeture, les gens arrivent, ils savent ce qu’ils vont acheter et tout », témoigne une exposante.

La transmission des savoir-faire, un enjeu majeur

Au-delà des ventes, ces rendez-vous permettent aussi de valoriser des techniques artisanales transmises de génération en génération. Mais leur pérennité repose sur la capacité des artisans à susciter des vocations chez les plus jeunes.

« Tous les ans, on est content de venir, mais comme on vieillit, on encourage les jeunes à venir nous remplacer dans l’avenir, parce que sinon, nos produits, on ne peut plus les voir », confie Henriette Paaeho, exposante au Salon des Australes.

Des Marquises aux Australes, ces salons sont ainsi bien plus que de simples rendez-vous commerciaux. Ils constituent aussi des espaces de rencontre et de transmission, indispensables pour faire perdurer les savoir-faire qui font la richesse culturelle des archipels polynésiens.

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