Le Tavini acte le projet de renversement de Moetai Brotherson et mise sur une motion de défiance

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Réuni en conseil stratégique ce samedi, le Tavini Huira'atira a acté à l'unanimité sa volonté de changer de gouvernement et de remplacer Moetai Brotherson par Antony Géros. Privé de majorité absolue, le parti indépendantiste doit désormais négocier avec l'opposition afin d'obtenir le nombre de voix suffisant au dépôt de sa motion de défiance.

Ils veulent renverser le gouvernement. Le Tavini Huira’atira, qui a démissionné d’office Moetai Brotherson la semaine dernière, s’est réuni ce samedi. « Nous nous sommes réunis aujourd’hui pour une réunion stratégique d’importance parce qu’il en va de l’avenir de notre pays. Il a été décidé à l’unanimité de changer de gouvernement. (…) Le peuple nous attend sur les grands sujets : la Vie chère, les recrutements, l’emploi. », déclare Gilles Tefaatau.

La motion de renvoi qui aurait pu conduire à l’éjection de Moetai Brotherson n’ayant pas été déposée, les élus indépendaitistes misent cette fois sur une motion de défiance. Mais pour cela, il va falloir récupérer des voix. « Nous n’avons plus la majorité absolue parce qu’il faut 19 signatures pour engager une motion et 35 pour la faire adopter. Il faudra se concerter avec des élus du Tapura, de AHIP et les non inscrits pour former un gouvernement d’ensemble pour travailler pour ce pays. Voilà ce que nous voulons. Nous avons perdu trop de temps« , ajoute Gilles Tefaatau.

 

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« J’étais plutôt en faveur d’un travail commun entre le gouvernement, l’Assemblée et le parti, a déclaré Vannina Crolas, ministre de la Fonction publique et membre du Tavini, présente ce samedi. Le conseil fédéral a décidé autrement. Il y a des discussions à avoir entre le parti et le président Moetai à ce sujet. J’espère toujours qu’ils ne vont pas réussir à rassembler le nombre de voix nécessaires pour la motion de défiance et qu’on sera obligés de se rassembler, A Fano Ti’a et le Tavini puisqu’on partage les mêmes objectifs, mais pas les mêmes façons de faire. On a plus de chance de travailler ensemble qu’avec des autonomistes qui n’ont rien à voir avec notre vision et le projet de société qu’on veut mettre en place.(…) Ce n’est pas un souci pour moi de ne plus être ministre mais, par contre, il faut que les réformes puissent continuer peu importe l’équipe qui sera en place. »

Qui placer ensuite à la tête du Pays ? Le choix du Tavini se porte sur Antony Géros. « La décision qui a été prise c’est de soutenir ma candidature en remplacement de Moetai », confirme-t-il.

Mais la vision du leader historique du parti et celle de son dauphin divergent. « On ne peut pas uniquement soigner les symptômes. Il faut soigner la cause du mal. C’est le système colonial, l’Etat français. (…) Il faut qu’on instaure l’indépendance de la Polynésie. Il n’y a plus à discuter. On ne peut pas tergiverser », estime Oscar Temaru, quand Antony Géros reste plus modéré.

Un Congrès devrait avoir lieu prochainement, qui devrait permettre de préciser les objectifs. « Sur l’avenir du parti et les objectifs de la souveraineté, il a été décidé de réunir en second temps le Congrès du Tavini qui prendra les décisions importantes. (…) Le grand congrès débattra de la souveraineté, immédiate ou en concertation avec l’ONU et la France. (…) «  explique Gilles Tefaatau.

La motion de défiance, comment ça fonctionne ?

Selon la Loi organique de 2011, « l’assemblée de la Polynésie française peut mettre en cause la responsabilité du président de la Polynésie française et du gouvernement de la Polynésie française par le vote d’une motion de défiance. Celle-ci n’est recevable que si elle est signée par au moins le tiers des représentants à l’assemblée de la Polynésie française.

La motion de défiance mentionne, d’une part, les motifs pour lesquels elle est présentée et, d’autre part, le nom du candidat appelé à exercer les fonctions de président de la Polynésie française en cas d’adoption de la motion de défiance.
Si elle est en session, l’assemblée de la Polynésie française se réunit de plein droit trois jours francs après le dépôt de la motion de défiance. Si la motion de défiance est déposée en dehors de la période prévue pour les sessions ordinaires, une session est ouverte de droit cinq jours francs après ce dépôt. Le vote intervient dans les quarante-huit heures suivant la réunion de plein droit de l’assemblée ; faute de quorum, il est renvoyé au lendemain. Les délais mentionnés au présent alinéa s’entendent dimanche et jours fériés non compris.


Seuls sont recensés les votes favorables à la motion de défiance, qui ne peut être adoptée qu’à la majorité des trois cinquièmes des représentants à l’assemblée de la Polynésie française. Chaque représentant à l’assemblée de la Polynésie française ne peut signer, par année civile, plus d’une motion de défiance.


Le président de l’assemblée de la Polynésie française proclame les résultats du scrutin et les transmet immédiatement au haut-commissaire. Les résultats du scrutin peuvent être contestés par tout représentant à l’assemblée de la Polynésie française ou par le haut-commissaire, devant le Conseil d’Etat statuant au contentieux, dans le délai de cinq jours à compter de cette proclamation.
Lorsque la motion de défiance est adoptée, les fonctions des membres du gouvernement de la Polynésie française cessent de plein droit. Le candidat au mandat de président de la Polynésie française est déclaré élu et entre immédiatement en fonction. Il est procédé à la désignation des autres membres du gouvernement dans les conditions prévues à l’article 73″.

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