Les militants du Tavini Huiraatira qui espéraient une réconciliation entre Antony Géros et Moetai Brotherson attendront.
Une semaine après avoir démissionné d’office le président du Pays, la formation indépendantiste a publié, ce jeudi, un long communiqué dans lequel elle dresse un réquisitoire contre celui qui, désormais, la concurrence à la tête de son neo parti, A fano Tia.
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Le Tavini estime que les positions exprimées par Moetai Brotherson depuis son arrivée à la présidence du Pays, en 2023, « ne relèvent pas du combat souverainiste qui l’a fait élire, mais bien d’une gestion autonomiste non assumée, drapée dans un vocabulaire indépendantiste vidé de sa substance ».
Le communiqué revient notamment sur plusieurs déclarations du chef de l’exécutif. Le parti lui reproche d’avoir qualifié l’État français de « partenaire », alors qu’il considère que la France demeure « la puissance administrante d’un territoire à décoloniser » au regard du droit international. Selon le Tavini, présenter Paris comme un partenaire revient à « renoncer au cadre onusien » obtenu avec la réinscription de la Polynésie française sur la liste des territoires à décoloniser en 2013.
Autre point de désaccord, les propos de Moetai Brotherson sur l’indépendance. Un processus que le chef de l’éxecutif, comme il l’a indiqué à de multiples reprises, ne voit pas « comme une fin en soi », mais comme une « étape ». Pour le Tavini ces prises de position traduisent une indépendance « conditionnelle, différée » et s’inscrivent dans « le discours attendu par l’État français ».
Le Tavini estime également que le bilan des relations entre le gouvernement Brotherson et l’État français est celui « d’un exécutif autonomiste ordinaire », reprochant au président de ne jamais avoir placé « la question de la décolonisation au centre du rapport de force institutionnel et légal avec Paris ». Il considère que cette question est restée « un élément de langage pour les tribunes médiatiques, jamais un objet de négociation ancré dans le réel ».
En conclusion, le parti « dénonce solennellement l’imposture politique de M. Moetai Brotherson envers le combat souverainiste historique du parti » et l’appelle à « reconnaître devant le peuple polynésien que le combat politique qu’il mène est un combat autonomiste », afin de « cesser de tromper l’électorat polynésien ».



