Cadre contraignant, aléas climatiques : faut-il changer les règles du Heiva?

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Au lendemain de l’annonce des résultats du Heiva i Tahiti 2026, la réglementation encadrant le prestigieux concours suscite de vives discussions parmi les acteurs culturels. Entre la raréfaction des matières premières, l'explosion des coûts et les aléas climatiques, des voix emblématiques s'élèvent pour réclamer un allègement du cadre et une refonte concertée des notations.

Fidèle à sa réputation, Marguerite Lai ne mâche pas ses mots. Au lendemain de la remise des prix du Heiva i Tahiti 2026, elle appelle à une réflexion commune autour du Heiva et à davantage de reconnaissance pour les troupes. Raréfaction des matières premières, hausse des coûts, représentations soumises aux aléas du temps faute de scène couverte : les contraintes s’accumulent au fil des ans.

La cheffe de troupe O Tahiti a débuté sa conférence de presse, ce jeudi, sans détours. « Le règlement du heiva… Il faudrait qu’on s’asseye et qu’on en parle. Il est un peu trop restrictif, too much« .

 

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« Je demanderai à la nouvelle ministre de la Culture, qui ne connaît pas vraiment ce domaine (…). On doit le toiletter – le règlement, ndlr – , il y a des choses qui nous compressent. Vous imaginez tout le travail? (…). Et là on reçoit des mails : pas comme ci, pas comme ça. Vous faites tomber le chapeau, c’est 10 points. Vous faites ci, c’est tant, vous faites cela c’est tant. Et après quand on arrive sur la scène on fait des spectacles magnifiques et on vient te voir à la fin (…) pour te dire : ‘pourquoi vous n’avez pas gagné’  » , raconte Marguerite Lai.

De la mauvaise foi, après la victoire de Nuna’a e Hau? « Cela concerne tous les groupes de danse » , nuance-t-elle.

Marguerite Lai (O Tahiti E). Crédit : TNTV

Dans l’univers de la culture, chacun défend sa vision et sa propre sensibilité. Compositeur primé avec Nonahere, Matani Kainuku rappelle que le règlement du Heiva a déjà connu de nombreuses modifications par le passé. Le chef de la troupe de Mahina pense que l’enjeu essentiel est désormais de parvenir à un consensus durable, en évaluant la pertinence du règlement tous les trois à cinq ans.

« Autant auparavant, ce n’était pas transparent. Mais aujourd’hui, ça l’est et on continue de le modifier. Peut-être que la première idée à soumettre c est d’arrêter de le modifier de façon à le stabiliser et que tout le monde soit serein, participant ou non. Que tout le monde ait une même lecture, un même document de référence. Je pense qu’il faudrait l’alléger, parce qu’il faut donner un espace de créativité à tous les groupes », analyse-t-il de son côté.

Derrière ce débat technique et artistique, un même engagement fondamental unit l’ensemble des protagonistes : défendre, porter et faire vivre la culture tahitienne, quoi qu’il en coûte.

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