C’est un « acte principalement technique qui aurait dû être validé par l’Assemblée », mais qui ne l’a pas été. Le rejet par le Tavini, le Tapura et le A Here Ia Porinetia de la délibération modifiant le budget du Pays pour permettre le report des crédits de paiement a suscité l’ire de Moetai Brotherson.
Sur la page Facebook du gouvernement, vendredi soir, le président a pris la parole pour fustiger « l’irresponsabilité » des 3 partis.
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« Ça intervient alors que le pays se porte bien économiquement. Ça intervient alors que le pays, le gouvernement, n’a jamais été aussi efficace que depuis trois ans dans ce qu’on appelle la liquidation des crédits, c’est-à-dire le paiement aux entreprises pour les projets et les dossiers (…) Nous atteignons un niveau record là également de liquidation de crédits », a déclaré, en préambule, Moetai Brotherson.
S’il a épargné « les nouveaux représentants qui n’ont parfois pas d’expérience politique », il a ciblé les cadres des trois formations qui, eux, « savent très bien de quoi ils en retournent, savent très bien ce qu’ils font et (…) agissent donc en pleine conscience ».
Pour Moetai Brotherson, le rejet de cette délibération va « empêcher le gouvernement de payer les entreprises » : « Peut-être que certaines de ces entreprises vont devoir licencier (…) Peut-être que certaines mettront la clé sous la porte ».
« Au-delà de ces entreprises, c’est également la tenue des Jeux du Pacifique qui est clairement mise en danger », a-t-il ajouté : « Je m’adresse au monde sportif (…), je m’adresse aux communes pour lesquelles un certain nombre d’opérations sont engagées. Avec ce qui a été fait ce matin, c’est tout cela qui est également compromis ».
« Il y a également un impact sur nos enfants », a poursuivi Moetai Brotherson, « puisque dans le cadre des Jeux du Pacifique et de manière plus globale, il y a un plan de rénovation (…) d’un certain nombre d’établissements scolaires, d’un certain nombre de pensionnats » où doivent être logées les délégations.
« Ces investissements pour se réaliser ont besoin de ces reports de crédits qui ne sont aujourd’hui plus disponibles du fait du rejet qui a été effectué ce matin par ces trois groupes à l’Assemblée. Ces travaux de mise aux normes, parfois de sécurité à incendie (…) ne pourront pas être menés à leur terme », annonce-t-il.
« Ils viennent, par ce qu’ils ont fait ce matin, mettre en danger non pas les institutions, non pas le gouvernement, mais bel et bien l’économie du Pays (…) Pour moi, c’est de l’irresponsabilité pure et simple (…) Ce qui s’est passé ce matin est tout sauf anodin, c’est très grave », a encore martelé le président qui indique que le gouvernement travaillera « tout le week-end, nuit et jour, pour (…) dresser un tableau précis des impacts ».
« Je n’ai pas l’intention de démissionner. J’assumerai jusqu’au bout mes responsabilités avec mon gouvernement », conclut-il en pointant « l’hypocrisie » du groupe Tavini Huiraatira qui « en commission a voté pour ces deux textes et qui en séance a voté contre ».



