Collectif budgétaire 3 : les Jeux du Pacifique au cœur du bras de fer politique

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Les Jeux du Pacifique s’invitent une nouvelle fois dans le bras de fer entre le gouvernement et l’opposition. Alors que les incertitudes s’accumulent autour de plusieurs infrastructures de Tahiti 2027, les élus de l’opposition refusent d’être tenus pour responsables des retards et assurent que les principaux financements ont déjà été votés.

Pas question, pour l’opposition, d’endosser la responsabilité des difficultés rencontrées dans la préparation des Jeux du Pacifique. Selon Nicole Sanquer, les élus ont décidé de se saisir du troisième collectif budgétaire après avoir été alertés par des responsables du Pacific Games Council (PGC), qui leur auraient reproché d’en bloquer l’adoption.

« Ce n’est certainement pas l’Assemblée qui bloque l’avancée des travaux. Nous avons pris l’initiative de convoquer la commission […] parce que depuis le mois de juin, il n’y a pas eu d’avancée au niveau du gouvernement », déplore l’élue non inscrite à l’Assemblée de la Polynésie française.

 

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(Crédit photo : Tahiti Nui Télévision)

La commission des finances devait ainsi se réunir ce mardi, pendant les vacances parlementaires, avant une séance extraordinaire prévue lundi. Une manière, pour les élus de l’opposition, de répondre à l’urgence invoquée par le gouvernement.

Nicole Sanquer rappelle par ailleurs que les principaux financements consacrés à Tahiti 2027 ont déjà été adoptés : « Il faut savoir que tous les budgets concernant les Jeux du Pacifique ont déjà été validés dans le budget de l’année dernière et le budget 2026. Donc, les crédits sont en place. Dans le collectif 3, on retrouvera des ajustements de certaines lignes budgétaires. »

Selon elle, les retards observés seraient davantage liés aux choix effectués au lancement des projets, à la lenteur des procédures administratives ou encore à la pénurie d’agrégats. L’élue assure néanmoins que l’opposition soutient l’organisation de la compétition, consciente des conséquences qu’aurait une éventuelle annulation pour l’image de la Polynésie et pour les athlètes.

Mais le président du Tapura, Édouard Fritch, s’interroge sur le contenu même du collectif budgétaire. Il affirme notamment que le texte ne prévoit pas de crédits supplémentaires pour les Jeux, mais au contraire le retrait de certaines enveloppes.

« Nous, nous avons pris l’initiative parce que c’était urgent. C’était urgent parce qu’à Taravao, il y a des problèmes, parce que pour les Jeux du Pacifique, il y a des problèmes. Sur les Jeux du Pacifique, il n’y a pas de nouvelles inscriptions. Au contraire, on retire des crédits. Il y a plus de 500 millions, je crois, qui sont retirés sur les crédits des Jeux et en particulier pour la piscine. Et nous ne savons pas pour aller où », affirme-t-il.

(Crédit photo : Tahiti Nui Télévision)

Déposé sur le bureau de l’Assemblée depuis le mois de juin, le collectif 3 devait donc être examiné ce mardi matin. Mais le gouvernement a finalement retiré son texte. Une décision vivement critiquée par Édouard Fritch : « Depuis le mois de juin, on nous dit que c’est urgent. Donc, on s’est dit : on va se mettre au travail. Dès que le président du gouvernement a appris que nous allions nous réunir pour étudier le collectif numéro 3, il nous retire le pain de la bouche. »

Le gouvernement justifie ce retrait par la préparation d’une nouvelle mouture, qui doit normalement être transmise aux élus mercredi, après le Conseil des ministres.

« Hier, nous avons reçu le courrier du président qui retirait le collectif 3. Donc, comme on le dit, on est un peu dubitatifs, inquiets parce que lors de cette transmission en juin du collectif 3, il était bien stipulé que c’était un projet urgent et qu’il ne fallait pas bloquer les travaux en cours. Il y avait des urgences dans le domaine de la santé à régler », ajoute Nicole Sanquer.

Car les Jeux du Pacifique ne constituent pas le seul sujet attendu dans ce texte. L’opposition réclame également des mesures dans les domaines de la santé et de la lutte contre la vie chère. « Nous ne voyons pas se dégager de lignes politiques fortes. Nous ne voyons pas se dégager des mesures pour alléger le prix du punu pua’atoro, le coût des aliments dans notre pays », estime Édouard Fritch.

Nicole Sanquer se dit, pour sa part, favorable à un examen rapide de la nouvelle version : « On va découvrir les nouvelles urgences, les nouvelles priorités. Mais nous sommes favorables à ce que l’examen soit accéléré. »

Sollicité, le ministre de l’Économie, Warren Dexter, n’a pas pu répondre à notre demande d’interview.

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