60 ans du nucléaire : entre recueillement et exigences de réparations

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Ce jeudi 2 juillet, la Polynésie commémore les 60 ans du début des essais nucléaires dans le Pacifique. Marqué par une forte mobilisation citoyenne à Mataiea et des tables rondes au Pū Māhara, l'évenement met en lumière les attentes persistantes du fenua envers l'État, notamment sur la question cruciale des critères d'indemnisation.

Parti du Lycée Tinomana Ebb à Mataiea, plus de 2000 personnes habillées en blanc se sont lancées dans une marche de recueillement pour rejoindre le site Tehoro. Des protestants du fenua et de Nouvelle-Calédonie, mais aussi des militants des associations 193 et Moruroa e Tatou étaient présents. Ils demandent l’indemnisation des victimes du nucléaires mais aussi une réparation morale.

« Nous ne pouvons pas aller vers l’avant si nous ne portons pas un regard vers l’arrière, déclare Tahema Chirstophe, membre du 8ème arrondissement. Et il est important de ne pas reproduire les mêmes erreurs et de garder en tête que l’Histoire doit rester l’Histoire et nous devons construire un avenir qui puisse être meilleur, non pas pour nous, mais pour la prochaine génération qui nous suivra.« 

L’association a lancé sa pétition pour exiger des études scientifiques sur les pathologies transgénérationnelles. Au monument au mort de Papeete une structure mémorielle rappelle les 900 dossiers déposés par l’association et examinés par le Civen (comité d’indemnisation des victime des essais nucléaires, NDLR).

Le 2 juillet 1966 était lancé Aldébaran, le premier tir nucléaire en Polynésie. 60 ans après, l’association 193 milite toujours pour une reconnaissance de l’Etat des dégâts causés avec, cette fois encore, une forte mobilisation des habitants de tous les archipels. Frère Maxime Chan, président du bureau exécutif de l’association 193 rassure, il n’y a pas de mésentente avec le Pays qui organisait des actions de son côté. « L’association a son rôle, c’est d’éveiller, c’est de revendiquer, d’interpeller les autorités. Donc l’État qui est responsable de cet état de fait. Chacun son rôle. Il n’y a aucun problème, disons, de concurrence. »

Dans les jardins du Pū Māhara face au parc Bougainville le public a pu admirer des performances artistiques, des films documentaires des expositions et participer à des tables rondes avec des associations et des chercheurs. Un événement organisé par le Pays et baptisé baptisé « 1966 – 2026. Aldébaran – Moruroa. Ono ‘ahuru matahiti ». Ce jeudi matin, les 4 points du projet de loi de la députée Mereana Reid Arbelot adopté en mai ont occasionné plus de 2 heures de débat avec le président du Pays. « Le problème, c’est cet amendement qui vient introduire une limite, un plancher de 6 mois de résidence, ce qui exclut à la fois certains militaires ou certains civils venus de l’Hexagone en mission à Moruroa mais qui ont séjourné moins de 6 mois, malgré le fait qu’ils étaient là pendant la période des essais, mais qui exclut aussi un certain nombre de Polynésiens qui étaient soit étudiants et qui sont revenus, explique Moetai Brotherson. Donc, c’est ça le petit caillou dans la chaussure.« 

Vendredi, dernier jour de débat au Pū Māhara, la pétition de l’association 193 elle, continuera de circuler jusqu’au 2 Février 2027. À Makemo, les 60 ans du nucléaire seront célébrés ce jeudi soir à la lueur des bougies.

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