Une nageuse suisse se prépare à relier Tahiti à Moorea pour les récifs coralliens

Publié le

Installée à Lausanne, en Suisse, Caroline Lüthi prévoit de traverser le chenal entre Tahiti et Moorea à la nage en octobre prochain. Un défi sportif hors norme qu'elle souhaite mettre au service de la sensibilisation à la protection des récifs coralliens.

« Entre Tahiti et Moorea, il y a l’océan, des courants puissants, des requins, des vagues, mais surtout des récifs coralliens. » C’est ainsi que Caroline Lüthi présente sur ses réseaux sociaux le défi qu’elle s’apprête à relever. Cette passionnée de natation, qui travaille dans l’industrie horlogère à Lausanne, s’entraîne depuis plusieurs mois avec un objectif en tête : relier Tahiti et Moorea à la nage. Selon le parcours retenu et les conditions de mer, elle estime devoir parcourir plus de 25 kilomètres et passer entre 10 et 15 heures dans l’eau.

« Un jour, j’ai entendu parler de cette traversée. Peu de gens l’ont faite. Une nage brute, imprévisible, au cœur de récifs coralliens d’une beauté aussi puissante que fragile, et depuis, impossible de me la sortir de la tête. Il fallait que j’y aille. Ce qui me fait peur, ce n’est pas l’océan, c’est de ne pas aller au bout », confie-t-elle sur son compte Instagram.

 

– PUBLICITE –

Si l’exploit reste rare, il n’est pas inédit. Le chenal entre Tahiti et Moorea a déjà été traversé à plusieurs reprises par des nageurs du fenua. En 2021, l’athlète français Philippe Croizon, quadri amputé après un accident, avait notamment participé à une traversée entre les deux îles avec les jeunes de son académie sportive. La nageuse polynésienne Puatea Ellis s’est également illustrée plusieurs fois dans cette traversée.

Pour Caroline Lüthi, l’objectif dépasse toutefois la seule performance sportive. « Je vais partager chaque étape, la préparation, les doutes, les défis. Tout sera ici au fil de l’aventure », explique-t-elle. Son ambition est également de « sensibiliser et mettre en lumière les récifs coralliens ».

Sur place, elle indique qu’elle collaborera avec Science4Reefs, une fondation reconnue d’utilité publique et soutenue par le CNRS, dédiée à la préservation des récifs coralliens et implantée à Moorea. À travers cette traversée, la nageuse souhaite ainsi associer son défi sportif à un message de sensibilisation à la protection des écosystèmes marins.

Une préparation minutieuse est nécessaire avant de se lancer dans une telle aventure. « Pour relier Tahiti et Moorea, tu ne peux pas juste être en forme. Tu vas potentiellement passer 10 à 15 heures dans l’eau. Tu dois vraiment préparer ton corps comme une machine et tout prévoir. Toute seule, c’est impossible. Il y a toute une équipe derrière moi. Une fois que mes chevilles ont passé l’eau, je sais que je ressors de l’autre côté. »

La nageuse sait également que le mental jouera un rôle essentiel. « Le moment le plus dur, c’est de voir le bout mais tu n’y es pas encore. Tu as encore des heures pour y arriver et là, il faut tenir mentalement. Après, il y a la douleur, la fatigue, le froid, la chaleur ou encore les hallucinations qui peuvent survenir après de longues heures dans l’eau. »


Les conditions météorologiques auront également leur mot à dire. « Si la nature dit non, si les vagues sont trop fortes ou s’il y a une tempête, on doit annuler. Cela fait partie du jeu. On essaie de tout calculer, de prévoir le plus possible, mais à la fin, c’est moi qui suis dans l’eau et qui nage. »

Pour tenir plusieurs heures en pleine mer, Caroline Lüthi suit une préparation physique, nutritionnelle et mentale spécifique. « Avant la traversée, je dois prendre du muscle. Je dois avoir la force de tracter mon corps dans l’eau. On s’arrête toutes les 20 à 30 minutes pour boire et s’alimenter. Mon entraînement n’est pas forcément axé sur la vitesse, mais surtout sur l’endurance, les répétitions et le volume de kilomètres. »

Elle n’en est pas à son premier défi de longue distance. En août 2025, elle a parcouru plus de 28 kilomètres dans le lac Léman, reliant Lausanne à Évian avant d’effectuer le trajet retour, soit près de 14 h 30 passées dans l’eau.


« L’eau a toujours été mon refuge. Quand tout va trop vite dans ma tête, nager me permet de remettre de l’ordre et je respire enfin. C’est en nageant que je prends mes plus grandes décisions parce que j’y trouve une sérénité que je ne retrouve nulle part ailleurs. Pour moi, la natation est plus qu’un sport, c’est ma façon de rester à flot quand tout semble couler » confie-t-elle encore sur Instagram.

La jeune femme prévoit de nager entre Tahiti et Moorea au mois d’octobre.

Dernières news

A lire aussi

Activer le son Couper le son