Violences intrafamiliales : le rapport d’autosaisine du Cesec voté à l’unanimité

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C’est un vote à l’unanimité, par 39 voix, qui s’est déroulé dans une ambiance de grande gravité au Cesec. La société civile a adopté son rapport d'autosaisine sur les violences intrafamiliales. Le constat est sans appel : au fenua, la situation reste « catastrophique ». Au cours des débats, les références à l’affaire de la petite Ayden l’année dernière ont lourdement résonné. Face à l'urgence, le gouvernement réagit et dévoile ses annonces.

Près de 4 000 dépôts de plainte et seulement 500 affaires jugées en un an : les chiffres rappellent la réalité dramatique des violences en Polynésie, où le souvenir de la petite Ayden reste dans toutes les mémoires. Pour briser ce cycle, le Cesec préconise de revoir en profondeur la méthode de travail des institutions.

« On se rend compte que nous avons des dispositifs existants, mais qui ne sont pas nécessairement coordonnés. C’est un petit peu des dispositifs en silo, au niveau de la DSFE, au niveau de la justice, au niveau de la police, ainsi de suite, estiment Raymonde Raoulx et Isabelle Trebucq, rapporteures. Ce qu’on voudrait, c’est que les gens se mettent autour d’une table, que ce soit l’État, le Pays, les communes, et même les associations, pour pouvoir discuter du phénomène et chercher ensemble des solutions. […] Ce qui est important sur ça, c’est qu’il n’y ait pas de rupture dans ce parcours, et c’est souvent ce qui est le cas.« 

 

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Ce besoin de briser les silos résonne alors qu’une circulaire nationale, datée du 8 juin – prise après le décès tragique de la jeune Lyhanna – exige désormais des parquets un traitement prioritaire et accéléré des infractions sexuelles sur mineurs.

De son côté pour éviter les ruptures de parcours, le Cesec réclame la création d’un centre d’urgence sociale fonctionnant 24h/24. En réponse, la ministre des Solidarités Minarii Chantal Galenon Taupua affiche son calendrier : elle annonce un service d’urgence et une réorganisation de la DSFE.

« Les blocages ne viennent pas de nous parce que lorsque nous recevons par exemple des enfants en danger, nous avons besoin d’abord de la justice. […] Alors, on va mettre en place un service qui dépendra du ministère de la Santé, qui va donc répondre à ces urgences-là […] J’ai annoncé qu’on avait une réorganisation en cours qui sera présentée d’ici deux mois, parce qu’elle a déjà commencé depuis 2024.« 

Des réorganisations pour l’avenir… car pour l’instant, l’urgence de nuit se gère encore de manière informelle en direct avec l’exécutif. Avec une centaine de préconisations concrètes sur la table, la société civile impose désormais un plan global que le Pays ne pourra plus ignorer.

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