Au palais de justice de Papeete, comme ailleurs en France, l’activité pénale est marquée par les suites de l’affaire Lyhanna et la directive du Garde des Sceaux, Gérald Darmanin, incitant à un traitement prioritaire des violences sexuelles sur mineurs.
Ce jeudi, deux dossiers auraient pu valoir aux prévenus une comparution devant la cour d’assises : une affaire de violences et viols sur conjointe, et une autre de violences et viols sur mineure. Dans le premier cas, avec l’accord de la victime, les débats se sont tenus devant le tribunal correctionnel.
Avocat, Me Teremoana Hellec explique les leviers d’une telle décision : « Ça permet que l’affaire soit jugée beaucoup plus rapidement. C’est vrai que le prévenu a encore une peine qui est moindre, mais il va être jugé plus rapidement. Ça permet aussi de lancer des démarches d’indemnisation de la victime beaucoup plus rapidement (…). Ça permet aussi aux victimes de ne pas avoir à répéter ce qui leur est arrivé devant une salle qui est pleine de gens qu’elle ne connaît pas ».
Le second dossier concernait un homme de 34 ans au moment des faits, jugé pour avoir violenté et violé une jeune fille alors âgée de 13 ans. Aujourd’hui âgée de 17 ans, la victime attend un enfant de celui qu’elle considère toujours comme son amoureux, refusant le statut de victime.
« Malgré les mesures d’assistance éducative qui sont mises en place, malgré le travail des travailleurs sociaux pour essayer de protéger ces jeunes filles la plupart du temps, on voit maintenant, 4 ans plus tard, à l’aube de la majorité, que la jeune fille est enceinte, qu’elle est dans le refus total de toute prise en charge, observe Me Hina Lavoye. Elle est dans la surprotection de celui qui a abusé d’elle au final. Et elle n’en a pas conscience, elle est dans le déni ».
À l’issue des délibérations, le tribunal correctionnel a rendu son verdict en prononçant des peines respectives de 4 ans et 6 ans de prison à l’encontre des deux prévenus. Si la première victime a déjà engagé des démarches de reconstruction personnelle et de réparation indemnitaire, la seconde jeune fille continue à ce jour de refuser tout suivi socio-judiciaire.



