Les discussions entre l’intersyndicale ATIM-PH–SPPPF et le gouvernement auront duré deux heures lundi soir, sans aboutir à un accord. « On a eu quelques propositions un peu étonnantes, mais à priori, nous sur le point 1 de revendication, qui est effectivement une prime qui pourrait amener tous les soignants à être bénéficiaires, voilà, le gouvernement a répondu. Mais sur le reste, c’est effectivement un petit peu compliqué », indique Tony Tekuataoa, chef des urgences du CHPF et membre du syndicat des praticiens publics de Polynésie française (SPPPF).
Le gouvernement propose un « compte épargne-temps, ce qui permet de, finalement, mieux gérer ce temps de travail additionnel » ainsi qu’une « prime va’a ora » accordée « de manière égale à l’ensemble des personnels de la santé, les PH, les non-PH, et même les personnels non-soignants ». Une solution « qui n’a pas eu l’air de satisfaire les grévistes », indique le président du Pays.
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« Je vais juste donner un chiffre qui englobe la globalité des propositions qui sont faites au PH : ça représente, tout de même, chaque mois, un supplément net de 116 000 Fcfp. Une fois qu’on a dit ça, on a quand même posé beaucoup de choses. On ne peut pas venir me dire que ce n’est rien. J’ai un peu de mal à entendre que c’est insultant. On parle ici quand même de deniers publics. Moi, je ne peux pas faire n’importe quoi avec les deniers publics. Et encore une fois, si on avait des ressources infinies, illimitées, on proposerait plus. »
Tony Tekuataoa estime de son côté qu’il faut « des mesures fortes » : « évidemment, il y a le statut des praticiens, mais pas que. Il y a aussi le reclassement des infirmiers. Il y a effectivement aussi la reconnaissance de l’ancienneté des autres catégories socio-professionnelles. Donc on voit bien qu’on n’est pas au niveau de l’effort escompté. Et en fait, encore une fois, nous, on est sur des objectifs et eux sont sur des questions budgétaires.«
Dans un communiqué, l’intersyndicale « prend acte de la proposition du gouvernement d’une prime de 18 000 Fcfp par mois pour l’ensemble des agents publics du système de santé, en réponse à la première revendication du préavis de grève, qui portait sur une augmentation de 5,5 % de la rémunération de l’ensemble des catégories professionnelles de la santé. Cette proposition constitue une vraie reconnaissance des difficultés rencontrées par les personnels« .
Mais elle estime qu’aucune « mesure retenue ne répond à l’enjeu d’attractivité médicale, pourtant au cœur du mouvement. L’intersyndicale reconnaît les avancées obtenues, tout en constatant que des revendications essentielles demeurent sans réponse satisfaisante ».
La grève se poursuit donc. Un mouvement auquel pourrait venir s’ajouter celui de la Fédération des interprofessionnels des services de la santé et de l’administration en Polynésie (Fissap) dès jeudi.



