Grève dans la santé publique : des rencontres…sans réelles avancées

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La crise dans le secteur de la santé publique polynésienne se poursuit. Samedi, les rencontres entre les syndicats et le président du Pays ont donné lieu à des réactions contrastées. La Fissap a jugé les échanges constructifs, mais maintient son préavis de grève. Les praticiens hospitaliers, qui, eux, ont déjà débrayé, sont ressortis déçus de la réunion. Ils appellent la population à les rejoindre pour une marche, ce lundi matin.

Le dialogue est engagé, mais les réponses concrètes se font attendre.  La Fissap, qui a déposé à son tour un préavis de de grève au CHPF et à la Direction de la santé, s’est entretenue samedi après-midi avec le président du Pays, entouré des ministres de la Santé, et de la Fonction publique. Après 2 heures de discussions, le syndicat s’est dit plutôt satisfait.

« Nous n’avons pas les mêmes points de revendications que les praticiens. Mais le point qui va nous réunir, c’est ce schéma de santé, dans sa globalité. Donc c’est bien, c’est une nouveauté. Il -Moetai Brotherson, Ndlr- n’est pas contre et on a regardé tous les aspects. On a bien compris qu’on avait la même vision, donc c’est très bien », s’est félicitée la secrétaire générale du syndicat, Mireille Duval.

 

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La Fissap souhaite travailler sur ce schéma global de santé, avec deux priorités : préserver la sécurité des patients et faciliter l’intégration des jeunes médecins dans les structures publiques.

Une nouvelle rencontre pourrait avoir lieu lundi ou mardi. Mais le préavis de grève reste maintenu.

Un optimisme que ne partagent pas les représentants des praticiens hospitaliers et de la Direction de la santé, en grève depuis mardi. Reçus à leur tour en début de soirée, ils ont estimé n’avoir obtenu aucune avancée significative après une heure et demie de discussions.

 « Ça n’a pas servi à grand-chose. On n’a pas beaucoup avancé. On ne se comprend pas très bien. Nous, on a des objectifs pour le système de santé dans sa globalité et le discours est très budgétaire. Donc, à un moment donné, il faut savoir où sont les priorités », a réagi Tony Tekuataoa, le chef des urgences du CHPF et membre du Syndicat des praticiens publics de Polynésie française.

Pour les praticiens, le cœur du problème est clairement identifié : le financement. Les syndicats pointent un désaccord avec le Pays : qui doit définir et chiffrer les moyens nécessaires à la réforme globale du système de santé ?

 « Il est étonnant qu’on nous demande à nous, praticiens hospitaliers, de réfléchir sur le financement. Ce n’est pas à nous de réfléchir sur le chiffrage et sur le financement pour notre réforme de la santé », a déploré Jonathan Larson, praticien et secrétaire général de A Ti’a i mua-PH.

Les syndicats attendent du Pays des réponses précises sur les moyens qui seront réellement mobilisés. Selon Jonthan Larson, les discussions n’ont pas permis de clarifier ce point. « Ils n’ont pas de réponse claire à nous offrir », a-t-il soufllé.

Faute d’avancées, l’intersyndicale maintient la pression. Ce lundi, les grévistes prévoient une marche entre le CHPF et la présidence, avec un sit-in annoncé à l’arrivée.

Ils appellent la population à les rejoindre, rappelant que le système de santé publique concerne l’ensemble des Polynésiens.

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