La Polynésie française s’apprête à traverser une saison chaude sous haute surveillance. Dans un communiqué publié ce mardi 27 octobre, Météo-France alerte sur l’intensification du phénomène El Niño, installé depuis juin dernier dans le Pacifique équatorial. Celui-ci a désormais atteint le stade « très fort » et devrait continuer à se renforcer jusqu’en décembre.
Selon les 24 modèles climatiques disponibles, le phénomène devrait rester très intense jusqu’à la fin de la saison chaude 2026-2027. Météo-France évoque même la possibilité que l’épisode de 2026 devienne le plus intense jamais observé.
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Une situation exceptionnelle dont les conséquences restent toutefois difficiles à anticiper. Depuis 1970, seuls cinq épisodes El Niño ont été classés comme très forts selon l’indice RONI, utilisé pour mesurer l’intensité du phénomène.
Un risque cyclonique élevé pour la Société et les Tuamotu
C’est l’une des principales préoccupations des prévisionnistes. Les différents centres climatologiques s’accordent sur un risque élevé de voir au moins un phénomène tropical nommé, susceptible d’évoluer en cyclone, circuler dans certaines zones de la Polynésie française au cours de la saison chaude.
Les îles de la Société ainsi que les Tuamotu du nord et du centre sont particulièrement concernées. Le risque est également présent, mais dans une moindre mesure, aux Australes et dans les Tuamotu du sud. Il est en revanche plus faible aux Marquises et aux Gambier.

Les premiers effets d’El Niño se font déjà sentir dans le Pacifique. Météo-France cite notamment la dépression Wati, apparue en octobre, qui a traversé les îles Cook avant de terminer sa trajectoire aux Australes.
Les spécialistes appellent néanmoins à la prudence dans l’interprétation de ces prévisions. Les épisodes El Niño d’une telle intensité étant rares, les données historiques et les modèles climatiques présentent certaines limites. Par ailleurs, la trajectoire et l’intensité des phénomènes tropicaux peuvent évoluer rapidement.
Des pluies extrêmes redoutées aux Marquises
Au-delà du risque cyclonique, les précipitations pourraient également marquer les prochains mois.
Pour la période allant de novembre 2026 à avril 2027, Météo-France prévoit un contraste important entre le nord et le sud du territoire. Les îles situées au nord du 15e parallèle sud devraient recevoir davantage de pluie, tandis que celles situées plus au sud pourraient connaître des précipitations moins abondantes.

Les Marquises sont particulièrement exposées à des épisodes de pluies très intenses, voire extrêmes, susceptibles de provoquer des inondations et des glissements de terrain.
De fortes chaleurs et des récifs coralliens fragilisés
La saison chaude pourrait également être marquée par des températures particulièrement élevées, aussi bien sur terre que dans l’océan.
Météo-France n’exclut pas des épisodes de canicule soutenus aux Marquises, dans l’archipel de la Société et aux Tuamotu. Des vagues de chaleur marine pourraient également se produire, avec des conséquences possibles sur les écosystèmes marins, notamment les récifs coralliens.
Selon les prévisions actuelles, El Niño devrait persister au moins jusqu’au printemps 2027, entre mars et mai. Ses effets pourraient donc continuer à se faire sentir pendant une bonne partie de l’année prochaine.
Face à cette situation, Météo-France souligne la nécessité de maintenir une surveillance régulière, alors que la Polynésie française entre dans une saison chaude qui pourrait être particulièrement mouvementée.



