Nouveau contretemps pour le Dory 2. Alors que son départ avait été annoncé lundi sans passagers, mais seulement avec du fret, le navire est finalement resté à quai à Papeete en raison d’une panne électrique.
« C’est une panne électrique et absolument pas mécanique. Mécaniquement, il marche très, très bien », assure Fabien Duval, directeur technique du Dory 2. Selon lui, le problème pourrait provenir de défauts de câblage liés au chantier de construction du navire. « Électriquement, on a potentiellement des défauts de câblage issus du chantier. Donc on est en train de régler ça tranquillement. C’est en cours de règlement ».
L’origine de la panne a été identifiée. L’équipe technique travaille à une solution permettant au bateau de naviguer avec deux de ses trois groupes électrogènes. Un seul groupe est nécessaire en navigation, mais deux doivent être disponibles pour effectuer les manœuvres : « On est en train de préparer un bilan de puissance pour prouver aux autorités qu’on peut naviguer en toute sécurité avec deux groupes électrogènes », explique Fabien Duval. Celui-ci doit notamment démontrer que la puissance produite sera suffisante pour assurer la propulsion du navire, mais aussi l’alimentation des conteneurs frigorifiques, de la climatisation et des autres équipements électriques.
Ce bilan doit être présenté aux Affaires maritimes de l’État et au Bureau Veritas, qui participent aux inspections et à la classification du navire. « Heureusement que ce n’est pas arrivé au large de Tikehau et qu’on a pu garder le navire à quai en toute sécurité », souligne le directeur technique. « Il y a forcément un impact au niveau commercial, mais il n’y a pas le choix. Il faut pouvoir partir en toute sécurité avant tout. »

Les Affaires maritimes n’ont pas encore donné le permis de navigation du Dory 2 dans l’attente du rétablissement des groupes électrogènes et de nouveaux contrôles. Des exercices d’abandon du navire doivent également être réalisés une fois la panne résolue.
La solution actuellement étudiée ne constituera toutefois pas une réparation définitive. L’armateur a engagé des démarches auprès du constructeur et du fabricant afin d’obtenir des pièces de rechange et une intervention sur les équipements concernés.
Tous les groupes électrogènes sont neufs et doivent, en principe, être couverts par une garantie. Une situation qui limite les possibilités d’intervention de l’équipe technique à bord. « La garantie suppose qu’on ne touche pas au moteur. Il faut qu’ils envoient quelqu’un pour tout vérifier. Mais on ne peut pas attendre. Si le bateau est déjà parti, il n’y a pas de souci. Ils peuvent renvoyer au retour du bateau. Si le bateau revient dans une semaine, ils peuvent en prévoir qu’il arrive dans une semaine. (…) Ce n’est pas précipité, puisque le bateau a tourné depuis Vietnam jusqu’à Papeete. Arrivés à Papeete, c’est là qu’on a eu des soucis », indique Eugène Degage, propriétaire et directeur général du groupe Degage.
Le Dory 2 partira bien avec le fret à bord
Malgré ce nouveau report, l’armateur entend toujours assurer le transport des marchandises attendues dans les îles : « Si ce n’est pas aujourd’hui, c’est demain ». Aucune nouvelle heure de départ ferme n’a toutefois été communiquée.
« On va partir avec le fret. Les gens attendent le fret. On va partir », affirme Eugène Degage. Le départ reste néanmoins conditionné à la résolution du problème électrique et au feu vert des autorités compétentes.
Le transport de passagers, lui, n’est toujours pas envisagé. Eugène Degage évoque une nouvelle réglementation qui imposerait, selon lui, le paiement de 600 000 francs à chaque arrivée et à chaque départ, au nouveau terminal de croisières. Un coût qui n’avait pas été budgétisé et que l’armateur juge incompatible avec la viabilité du service à moins d’augment le prix des billets, ce qui n’est pas envisageable selon Degage, car contraire à leur politique : « De toute façon, le prix du fret, il est bloqué. On ne peut pas augmenter le prix du fret. Le prix des passages, on pourrait augmenter, mais ce n’est pas possible ».
La compagnie attend désormais une décision du haut-commissariat concernant ce point. Eugène Degage ne cache pas sa colère : « Je ressens de la colère. De la colère envers le Port autonome qui cherche à tout prix à nous créer des problèmes. Et ça ne date pas d’aujourd’hui. »



