Coincé dans la rade par les bateaux du Port autonome, le Dory 2 a attendu un feu vert, ce samedi, pour pouvoir accoster face aux entrepôts de stockage de fret à Motu Uta.
Sur le quai, 1 200 tonnes de marchandises attendaient depuis la veille d’être embarquées, soit 700 palettes. Selon l’armateur, la direction du Port ne souhaite pas que le navire occupe cette partie du quai.
– PUBLICITE –
« On nous oblige à aller vers l’Aranui, de l’autre côté du port, pour transférer le fret par élévateurs. Je vous laisse le soin de calculer le nombre de voyages qu’il faudra faire avec le taux d’accidents qu’il peut y avoir sur la marchandise et sur les personnes. Donc, il est hors de question qu’on fasse ça », a soufflé Christian Rattinassamy, le secrétaire général de la SNC Aremiti.
Le Dory 2 dispose pourtant de sa propre rampe arrière qui lui permet d’effectuer le chargement et le déchargement de manière autonome et sécurisée selon son armateur.
Vendredi soir et ce samedi matin, plusieurs alternatives ont été proposées à la direction du Port autonome. Toutes auraient été refusées. Jusqu’à l’intervention, ce samedi, à 8 heures, du capitaine du Maris stella IV.
Ce dernier ne reprendra pas la mer avant le 2 septembre en raison de travaux à bord. « On va essayer de leur donner une solution pour qu’ils embarquent leurs marchandises et qu’ils puissent partir dans les temps lundi. Je vais prévenir la compagnie qu’on va bouger le bateau. On va se mettre de l’autre côté et lundi, une fois que le Dory sera parti, on reprendra notre place », a indiqué Heimana Salem, le capitaine du Maris stella IV.
Une solidarité entre marins qui a finalement permis au Dory 2 d’engager ses opérations de chargement. Mais des questions restent encore en suspens. Car lundi, l’embarquement des passagers pourrait être perturbé à son tour. Il est en effet demandé à l’armateur d’utiliser le terminal de croisière.
Une organisation qui représenterait 30 millions de francs de dépenses supplémentaires par an. « On ne comprend pas pourquoi, aujourd’hui, on doit aller sur ce terminal, puisqu’on sait que pour d’autres armements, comme le Tuhaa Pae, il embarque ses passagers sur son quai. On ne comprend pas pourquoi il y a deux poids, deux mesures, sur ce genre de situation », s’est étonné Christian Rattinassamy.
L’armateur dit néanmoins comprendre les impératifs de sécurité et indique avoir déposé une demande pour mettre en place le dispositif ISPS de sûreté sur la zone de Motu Uta.

Quant au problème d’accostage à Manihi pour le Dory 2, l’ouvrage problématique est en cours de démantèlement. Selon la commune, le navire pourra bien gagner l’atoll, ce jeudi.



