Bras de fer entre le Dory 2 et le Port autonome (MàJ)

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À deux jours de son premier voyage vers les Tuamotu Ouest, le Dory 2 a bien failli rester à quai à Papeete. Arrivé récemment en Polynésie, le navire devait commencer dès ce vendredi le chargement de son fret. Mais un désaccord avec le Port autonome sur son emplacement a bloqué les opérations jusqu’à ce samedi matin. La question de de la zone d’embarquement des passagers se pose aussi. Le bateau devrait toutefois entamer ses premières rotations, ce lundi.

Stationné dans la rade de Papeete face aux remorqueurs du Port autonome, le Dory 2 a attendu un feu vert, ce samedi, pour pouvoir accoster face aux entrepôts de stockage de son fret à Motu Uta.

Sur le quai, 1 200 tonnes de marchandises attendaient depuis la veille d’être embarquées, soit 700 palettes. Selon l’armateur, la direction du Port ne souhaitait pas que le navire occupe cette partie du quai.

 

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« On nous oblige à aller vers l’Aranui, de l’autre côté du port, pour transférer le fret par élévateurs. Je vous laisse le soin de calculer le nombre de voyages qu’il faudra faire avec le taux d’accidents qu’il peut y avoir sur la marchandise et sur les personnes. Donc, il est hors de question qu’on fasse ça », a soufflé Christian Rattinassamy, le secrétaire général de la SNC Aremiti.

Le Dory 2 dispose pourtant de sa propre rampe arrière qui lui permet d’effectuer le chargement et le déchargement de manière autonome et sécurisée selon son armateur. Mais pour la direction du Port autonome, ce type de stationnement « cul à quai » est loin de présenter toutes les garanties de sécurité. En cas de vent, ou de courants, la stabilité du bateau, perpendiculaire au quai, ne peut être garantie en l’absence de duc-d’albe (pilotis ancré dans le fond de la rade).

Vendredi soir et ce samedi matin, plusieurs alternatives ont été proposées à la direction du Port autonome. Toutes auraient été refusées selon l’armateur. De son côté, Jean-Paul Le Caill, directeur général du Port autonome, assure qu’une nouvelle proposition avait été faite au Dory 2 dès le vendredi soir aux alentours de 18 heures : se mettre à quai à 70 mètres seulement de la zone où son fret était positionné. Proposition que le Dory 2 aurait refusé, selon le directeur du Port.

Finalement, la solution est venue ce samedi matin, à 8 heures, du capitaine du Maris Stella IV.

Ce navire ne reprendra pas la mer avant le 2 septembre en raison de travaux à bord. Alors, « on va essayer de leur donner une solution pour qu’ils embarquent leurs marchandises et qu’ils puissent partir dans les temps lundi. Je vais prévenir la compagnie qu’on va bouger le bateau. On va se mettre de l’autre côté et lundi, une fois que le Dory sera parti, on reprendra notre place », a indiqué Heimana Salem, le capitaine du Maris Stella IV.

Une solidarité entre marins qui a finalement permis au Dory 2 d’engager ses opérations de chargement, avec l’accord de la capitainerie du Port. Mais des questions restent en suspens. Car lundi, l’embarquement des passagers pourrait être perturbé à son tour. Il est en effet demandé à l’armateur d’utiliser le terminal de croisière.

Une organisation qui représenterait 30 millions de francs de dépenses par an selon l’armateur.  « On ne comprend pas pourquoi, aujourd’hui, on doit aller sur ce terminal, puisqu’on sait que pour d’autres armements, comme le Tuhaa Pae, il embarque ses passagers sur son quai. On ne comprend pas pourquoi il y a deux poids, deux mesures, sur ce genre de situation », s’est étonné Christian Rattinassamy.

L’armateur dit néanmoins comprendre les impératifs de sécurité et indique avoir déposé une demande pour mettre en place le dispositif ISPS de sûreté sur la zone de Motu Uta.

A Manihi, l’ouvrage empêchant l’accostage du Dory 2 est en cours de démantèlement. (Crédit: TNTV)

Quant au problème d’accostage à Manihi pour le Dory 2, l’ouvrage problématique est en cours de démantèlement. Selon la commune, le navire pourra bien gagner l’atoll, ce jeudi. Et la commune invite d’ailleurs la population à venir lui faire un bel accueil.

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