Une ‘vignette’, pour les militaires, c’est une partie de l’exercice. Chacune a un plan prévu… mais aussi des incidents non connus à l’avance. Tous doivent s’adapter, avec la double difficulté d’associer les composantes Air, Terre et Mer… et les soldats d’autres pays qui n’ont ni la même langue, ni les mêmes méthodes d’intervention.
Plusieurs Américains viennent même… de Las Vegas. Un changement d’univers pas évident à appréhender. « Mais même s’il y a la barrière de la langue, nous apprenons lorsque nous travaillons avec de bons partenaires comme la France et la Polynésie française, parce qu’il y a un langage que nous avons en commun, c’est l’assistance aux populations » souligne Avery Smith, un officier américain.
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A Makemo ce samedi, l’armée évacue les blessés. Ce rôle de figurants est assuré par les élèves et le personnel du collège. Disciplinés, voire impressionnés par le déploiement militaire, les collégiens finissent par se détendre et se prêter au jeu. Ils sont traités puis évacués vers trois navires militaires, dont un des Îles Cook, ou vers le Casa.
Ceux qui montent à bord Teriieroo a Teriierooiterai enfilent un gilet de sauvetage, grimpent sur une navette rapide avant d’accéder à ce POM (Patrouilleur Outre-Mer) et d’être pris en charge par l’équipage. L’ambiance est bon enfant et les élèves se mettent même à chanter. Mais les militaires se souviennent que leur mission n’est pas qu’un exercice. Au Soudan en 2023, ils avaient dû évacuer des centaines de personnes dans des conditions bien plus tendues. Et dans le Pacifique, l’augmentation de la fréquence et de puissance des cyclones fait craindre que ces interventions ne deviennent bientôt très concrètes.
« On doit s’adapter et on doit arriver sur des îles qui ont été frappées par un cyclone, par exemple, où il n’y a plus d’eau, plus de nourriture, plus d’électricité, donc il faut qu’on soit autonomes : il faut non seulement qu’on puisse travailler et qu’on ait donc de l’eau, de la nourriture de l’énergie mais également qu’on apporte constamment la population. Et c’est vraiment un gros défi logistique, et c’est en ça que Marara est intéressant : on sort tous les moyens des FAPF pour le vivre en réel » se félicite le Colonel François Reynaud, qui commande le Rimap en Polynésie.
L’exercice Marara permet à l’Armée française de rassurer les populations, mais aussi de montrer sa puissance aux antipodes de Paris. Pas anodin dans un contexte de tensions croissantes dans l’espace indo-pacifique, théâtre de luttes d’influences entre grandes nations. L’officier de l’US Army Avery Smith ne s’y trompe d’ailleurs pas : « Tant que nous assurons la sécurité des personnes, nous maintenons aussi libre et ouverte la zone indopacifique ».









