Ce mercredi, le Conseil économique, social, environnemental et culturel a examiné le projet de création de la carte de remises sur certains PPN, porté par Warren Dexter. Le projet du Pays prévoit la création d’une carte nominative permettant aux bénéficiaires d’obtenir une remise immédiate de 10 % sur une sélection de 42 produits de première nécessité, notamment des fruits et légumes. L’aide, plafonnée à 3000 Fcfp par mois, concernerait environ 13 000 personnes identifiées à partir des fichiers sociaux.
Pour Florence Drollet, rapporteure du dossier au sein du collège des entrepreneurs le dispositif est une fausse bonne idée : le problème ne réside pas dans l’objectif poursuivi mais dans les moyens retenus pour y parvenir. « Le CESEC est complètement favorable au fait d’aider les personnes les plus nécessiteuses (…). Or, dans l’étude, on s’est rendu compte que le dispositif, en l’état, n’est pas si simple que ça et n’atteint pas forcément l’objectif visé à 100% (…). Il va falloir qu’il y ait un prestataire qui devra être désigné pour ce système de cartes. Les commerçants vont devoir s’équiper aussi de logiciels spécifiques. Donc, il y a tout un dispositif à mettre en œuvre. Et on pense que ça va s’ajouter à d’autres dispositifs qui existent déjà. », détaille-t-elle.
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Même constat pour Makalio Folituu, rapporteur du collège de la cohésion sociale et de la vie collective. « On était pour, sur le principe d’aider les plus démunis et de l’autre côté, sur les modalités, on n’est pas d’accord. Il y a six points qu’ils ont expliqués. Il faut qu’ils revoient tout ça, parce que ce n’est pas possible. », estime-t-il.
Au-delà de la logistique nécessaire à la mise en place du dispositif, le ciblage des bénéficiaires soulève également des interrogations. Selon le CESEC, seule une partie des personnes vivant sous le seuil de pauvreté pourrait en profiter.
« C’est un peu regrettable parce que normalement nous avons à peu près 71 000 personnes sous le seuil de pauvreté. Qu’en est-il pour les autres personnes ? Je pense qu’il faut peut-être aménager avec la carte fa’atupu que le gouvernement avait mise en place avec la CPS. C’est beaucoup plus facile à contrôler et surtout à faire en sorte que la distribution soit beaucoup plus facile, notamment pour les commerçants dans les îles où là-bas, il n’y a pas beaucoup de PPN. », s’interroge Patrick Galenon, représentant du collège des salariés.
Le CESEC pointe également plusieurs effets de bord du projet, notamment l’exclusion des personnes placées sous tutelle ainsi que les difficultés que pourraient rencontrer les petits commerces des îles, contraints de s’équiper de nouveaux logiciels pour participer au dispositif.



