Une nouvelle séquence de dialogue à défaut du bras de fer politique stérile. Comme d’autres voix du côté de Tarahoi, la présidente de A Here Ia Porinetia (Ahip) appelle à constituer une majorité de circonstance autour des dossiers qu’elle considère comme prioritaires pour le Pays.
Alors que Moetai Brotherson a réaffirmé qu’il n’entendait pas démissionner, celle qui est aussi députée LIOT au sein d’une Assemblée nationale sclérosée depuis juin 2024 n’envisage pas d’attendre les prochaines élections territoriales pour espérer trouver une majorité à Tarahoi.
« (Moetai Brotherson) est un peu dans un déni, puisqu’il gouverne depuis quelques mois sans majorité (…). Chaque texte, ce sont des débats qui s’éternisent. On ne peut pas continuer comme cela, parce que ça ne donne pas de visibilité au monde de l’entreprise et surtout, ça ne fait pas avancer le Pays, affirme-t-elle.
« J’ai pris la parole pour essayer de trouver une nouvelle majorité à l’Assemblée, avec des élus qui veulent trouver les solutions pour les urgences du Pays (…). La cherté de la vie, les difficultés dans le système de santé, la politique énergétique… Il y a énormément de sujets qui peuvent nous rassembler, et on a assez perdu de temps. On est tous d’accord aussi que l’indépendance, l’autonomie, ce n’est pas l’urgence du moment, et que chacun doit baisser les drapeaux et travailler pour les Polynésiens (…). On voit bien depuis trois ans les difficultés de se mettre d’accord autour d’un projet. Il nous reste très peu de temps, on a deux ans, on peut quand même essayer (…) et puis si ça ne marche pas, rendre la parole au peuple » , insiste-t-elle.
Cette démarche, assure-t-elle, ne s’adresse pas uniquement au Tavini Huiraatira. Nicole Sanquer dit vouloir discuter avec l’ensemble des représentants, qu’ils appartiennent à A Fano Ti’a, au Tapura Huiraatira, au Tavini ou qu’ils siègent parmi les non-inscrits.
Prompte à examiner le collectif budgétaire n°3, sur lequel l’exécutif se dit ouvert à la discussion, elle reconnaît toutefois que les relations avec celui-ci se sont dégradées au fil des derniers mois. « On ira, on écoutera. Mais je peux vous dire qu’après tous les débats que nous avons eus à l’Assemblée, toutes les propositions qu’on a faites, on a un peu perdu confiance » , dit-elle.
« Nous attendons que le président ouvre la session extraordinaire et qu’on puisse enfin examiner ensemble si nous avons les mêmes urgences, les mêmes priorités, et travailler sur un texte » , conclut-elle.



