Quelques heures d’intervalle ont séparé, mercredi, le vote « apaisé » du collectif n°3, à l’Assemblée de la Polynésie, de la conclusion « inquiète » du 55e Forum des îles du Pacifique (FIP), à Palau. Vivement critiqué pour s’y être déplacé, alors que le texte du gouvernement faisait l’objet d’un nombre record d’amendements , Moetai Brotherson ne « regrette pas du tout » son choix et dresse un bilan positif de ces quelques jours.
« Il y a eu des décisions importantes de prises, des discussions très importantes et pour nous, des perspectives très intéressantes »
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La sécurité aura constitué l’un des principaux dossiers de ce FIP. En amont et pendant le Forum, la Polynésie française a notamment échangé avec l’Australie sur la lutte contre le narcotrafic et la criminalité transnationale. « Nous avons d’abord répondu favorablement à la proposition de l’Australie qui consiste en deux éléments : la meilleure intégration de l’ensemble des polices du Pacifique dans les instances du forum, enfin au sein de l’architecture du forum. Et également l’intégration du J-OPS (les états-majors des armées dans le Pacifique) pour une meilleure coordination », indique-t-il.
Sur les tirs de missiles, notamment ceux effectués récemment par la Chine et les États-Unis, le président du Pays défend la position commune adoptée par le Forum. « Nous, ce que nous voulons, c’est qu’il n’y ait pas de tir de missiles dans cet océan de paix (…). Et que si tir de missiles, il doit y avoir, parce que certains tirs de missiles se font dans le respect du droit international, que l’ensemble des Pays du forum soient avertis bien avant », ajoute-t-il.
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Le changement climatique reste l’autre grande préoccupation des États et territoires insulaires. Le communiqué final du Forum doit d’ailleurs porter cette inquiétude jusqu’aux Nations unies, les dirigeants considérant le dérèglement climatique comme une menace majeure pour les moyens de subsistance, la sécurité et le bien-être des populations du Pacifique.
Pour Moetai Brotherson, le poids relativement faible des territoires insulaires dans les émissions mondiales ne doit toutefois pas conduire à l’inaction. « C’est une question presque philosophique (…). Nous représentons à peu près 0,03% des gaz à effet de serre. Même si nous étions 100% énergie renouvelable et 100% zéro carbone, cela ne viendrait pas vraiment changer le climat. L’exemple que nous donnons ici, avec toutes nos démarches, est là pour dire aux grands pays que si nous, nous arrivons à le faire, faites pareil », argumente-t-il.
Palau, un modèle institutionnel observé de près
Au-delà des dossiers directement inscrits à l’ordre du Forum, le déplacement aura également permis à Moetai Brotherson d’observer certaines infrastructures et dispositifs mis en place à Palau qui, selon lui, figure parmi les références étudiées pour réfléchir à l’évolution institutionnelle du Pays.
« Palau un état fédéral, ils ont ce qu’on appelle un Compact of Free Association, c’est l’équivalent américain de l’état associé aux îles Cook, que nous avons étudié longuement et qui est intéressant (…). Il ne s’agit pas de faire du copier-coller, mais de retenir ce qui peut être bien et de laisser de côté ce qui peut être moins bien », conclut-il.
Le prochain Forum des îles du Pacifique se tiendra en Nouvelle-Zélande, en 2027. La Polynésie française, elle, accueillera pour la première fois le rendez-vous régional en 2031.



