L’histoire des 300 Tamari’i Volontaires s’affiche désormais sur les grilles de la Présidence. Un lieu hautement symbolique, puisque c’est ici même que se trouvait autrefois la caserne d’infanterie de Tahiti, point de départ de ces hommes partis combattre sur le front.
À travers 36 panneaux, l’exposition retrace leur engagement, mais surtout leur retour au fenua, souvent marqué par une longue attente avant de pouvoir enfin regagner la Polynésie. « C’est d’abord le casernement des Tahitiens à la tour Maubourg car il va leur falloir attendre à peu près un an pour revenir puisqu’ils vont revenir le 5 mai 1946. Donc il y a d’abord l’épisode de l’attente, un après quand ils vont aller prendre le bateau dans le sud de la France, et puis après le voyage et surtout les festivités d’accueil » explique Jean-Christophe Shigetomi, président de l’association Mémoire polynésienne.
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Mais cette exposition ne se limite pas aux retrouvailles et aux célébrations. Elle rappelle aussi une réalité plus douloureuse : tous ne sont pas revenus. Certains sont tombés au combat. D’autres ont poursuivi leur route ailleurs, sans jamais reprendre le même navire vers Tahiti.
Pour ceux qui sont rentrés, le retour à la vie civile n’a pas toujours été à la hauteur des promesses faites. « Ils retournent dans un certain anonymat et une certaine désillusion, parce qu’on leur avait promis des emplois, et on ne leur donne pas ces emplois. Et pour certains, ils n’ont qu’une option, ils connaissent que le métier des armes, ils vont aller en Indochine où certains se feront tuer ».
Un destin souvent méconnu, que cette exposition remet au premier plan. Au-delà des faits historiques, elle souligne l’importance du devoir de mémoire et de la transmission aux nouvelles générations.
Grâce aux familles des anciens combattants, de nombreuses photographies inédites sont aujourd’hui présentées au public, offrant un regard intime sur ces parcours de vie et sur une page majeure de l’histoire polynésienne.






