Santé : les ambitions du Pays pour les cinq prochaines années

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Le Schéma d’organisation sanitaire 2026-2031 sera présenté pour approbation ce lundi 6 juillet 2026 à l’Assemblée de la Polynésie française. Voici les grandes lignes du document que nous nous sommes procuré.

Avec son Schéma d’organisation sanitaire (SOS) 2026-2031, le gouvernement entend adapter un système mis à rude épreuve par le vieillissement de la population mais aussi par la progression des maladies cardiovasculaires, des cancers, du diabète, de l’obésité et des troubles liés aux addictions. Sans compter les difficultés de recrutement des professionnels de santé et les inégalités d’accès aux soins entre Tahiti et les archipels.

Ce document stratégique fixe la feuille de route des cinq prochaines années. L’ambition est de rapprocher les soins des habitants, moderniser les équipements hospitaliers et renforcer l’autonomie sanitaire du Pays.

Le « Va’a Ora », une nouvelle philosophie

L’une des nouveautés du schéma est l’adoption du concept du Va’a Ora, la « pirogue de la vie ». Cette approche culturelle considère que la santé ne dépend pas uniquement des médecins ou des hôpitaux. Les familles, les communes, les écoles, les associations et les patients eux-mêmes deviennent des acteurs de la prévention. L’objectif est de mettre en place une véritable politique de promotion de la santé. Alimentation, activité physique, lutte contre le tabac, l’alcool et les addictions deviennent des priorités, au même titre que les soins.

Rapprocher les soins des archipels

L’accès aux soins demeure l’un des principaux enjeux du territoire. Le SOS prévoit donc de renforcer les structures de proximité, de développer les consultations avancées, d’étendre la télémédecine et de mieux coordonner les professionnels intervenant dans les archipels. Le développement des relais communautaires, appelés Arata’i Ora, doit également permettre d’améliorer le suivi des patients directement dans leur environnement de vie.

Des évacuations sanitaires qui coûtent plus de 6 milliards de Fcfp par an

Les évasans constituent l’un des postes de dépenses les plus importants du système de santé. Chaque année, environ 40 000 transferts inter-îles sont réalisés pour près de 20 000 patients. À cela s’ajoutent entre 600 et 700 évacuations sanitaires internationales destinées aux patients nécessitant des traitements indisponibles sur le territoire.

Au total, ces transferts représentent près de 6,3 milliards de Fcfp par an, dont 2,6 milliards pour les seules évacuations internationales.

Le cyclotron, étape décisive dans le traitement des cancers

Pour justement réduire ces coûts et face à une augmentation constante du nombre de cancers (plus de 900 nouveaux cas par an et une incidence annuelle d’environ 5%), le SOS fait de l’oncologie un axe majeur de la politique de santé. Le futur Plan Cancer 2026-2036 prévoit une modernisation importante du Centre Hospitalier de la Polynésie française (CHPF), avec notamment l’installation d’un cyclotron, équipement indispensable à la production locale des radiopharmaceutiques utilisés lors des examens TEP-scan. Un appareil à 215 millions de Fcfp et, au total, un investissement d’un milliard de Fcfp injecté dans la lutte contre le cancer. La date d’arrivée et de mise en fonction de cet appareil n’est pas encore fixée et son emplacement fait toujours l’objet d’une polémique entre le CHPF et l’Institut du cancer de la Polynésie française, comme l’avaient révélé nos confrères de Tahiti Infos.

Au-delà de l’amélioration de la prise en charge, cet investissement répond aussi à un objectif plus large : renforcer la souveraineté sanitaire du fenua.

Moderniser les hôpitaux

Le SOS ambitionne également de transformer l’organisation hospitalière. Le CHPF restera l’établissement de référence pour les soins les plus spécialisés, mais les hôpitaux de Moorea, Taravao, Uturoa et Taiohae verront leurs missions renforcées afin de mieux répartir l’activité. On pense notamment au manque de maternités en dehors de la zone urbaine de Tahiti même si rien n’est précisé dans le document. 

Le développement de la chirurgie ambulatoire, de l’hospitalisation à domicile et des parcours coordonnés doit permettre de désengorger les services tout en améliorant le confort des patients.

Une pénurie de professionnels

Comme de nombreux territoires insulaires, la Polynésie française peine à recruter médecins, infirmiers, sages-femmes et spécialistes. Le statut du praticien hospitalier fait d’ailleurs en ce moment l’objet d’âpres négociations entre les syndicats et le Pays.

Le schéma aborde cette thématique et prévoit de mettre en place des mesures pour renforcer l’attractivité des métiers de la santé.

Le numérique au cœur du projet

Le développement du numérique constitue un autre pilier de la réforme. Le dossier médical partagé, la télémédecine, les outils numériques de coordination et le partage sécurisé des données doivent permettre une meilleure continuité des soins entre les différents établissements et les professionnels de santé.

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Une nouvelle gouvernance

Le précédent Schéma d’organisation sanitaire avait souffert, selon les auteurs du nouveau SOS, d’un manque de suivi et d’évaluation. Le SOS 2026-2031 prévoit une gouvernance renforcée, avec des indicateurs de performance, un comité stratégique et des évaluations régulières afin de mesurer les résultats des politiques engagées.

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