Manœuvrer un navire comme en mer, mais sur le campus de Arue… Face à une demande qui sature ses capacités, le Centre des métiers de la Mer a clôturé la visite de la ministre de la Mer par un constat : l’institution doit s’étendre.
« Il y a plusieurs objectifs qui sont donnés au centre des métiers de la mer au niveau formation. C’est d’abord d’étendre les formations de Capitaine Illimité, parce que pour l’instant on a des conventions avec la métropole, mais l’objectif c’est quand même de pouvoir faire notamment ces remises à niveau ici en Polynésie française » , explique le ministre de l’Agriculture et des ressources marines Taivini Teai.
La formation de Capitaine Illimité délivre le brevet de capitaine de 1re classe de la navigation maritime, niveau le plus élevé de la marine marchande, qui permet de commander n’importe quel type de navire, sans aucune limitation de taille (tonnage), de puissance de moteur, ni de zone géographique. L’année prochaine, et pour la première fois, grâce à un partenariat avec l’école nationale supérieure maritime, elle sera accessible à Tahiti.


Le développement de ces cursus s’appuie également sur des outils pédagogiques modernes, notamment des simulateurs de navigation permettant aux élèves de se former dans des conditions proches du réel. Une filière qui offre de nombreuses perspectives professionnelles sans nécessiter de longues études universitaires. « Pour la jeunesse polynésienne, le milieu maritime est porteur. On a énormément de nouveaux bateaux qui arrivent. […] C’est vraiment un milieu où très rapidement, on peut se former et avoir un métier intéressant qui rémunère plutôt bien sans avoir besoin de faire des années et des années d’études », insiste Alex Lapierre, formateur du Centre.
Si le CMMPF mise sur les nouvelles technologies, il veille aussi à préserver les savoir-faire polynésiens. Les élèves du certificat de matelot suivent ainsi un enseignement consacré à la navigation traditionnelle aux étoiles, pour savoir se repérer quand les moteurs s’éteignent.
« Le fait que (la ministre déléguée de la Mer Catherine Chabaud, ndlr) vienne voir ce qui se passe ici, ça montre aussi vraiment une valeur locale de ce qu’on fait. […] Parce qu’aujourd’hui, un diplôme, c’est un diplôme d’État, donc tout le monde fait la même chose. Mais forcément, au centre polynésien, il faut apprendre des choses polynésiennes aussi », souligne Teiva Véronique Gnatata, formateur en navigation traditionnelle.
Avec des embauches à la clé et des salaires attractifs, les métiers de la mer confirment leur statut de filière d’avenir. Le cap est fixé, reste désormais à pousser les murs du centre pour accueillir la relève.



