Les algorithmes intelligents se font une place au chevet des patients et aux côtés des médecins. Aide au diagnostic, analyse d’imageries médicales, ou encore recherche de traitements, les outils d’intelligence artificielle se démocratisent de plus en plus rapidement
En Polynésie, David Martins développe depuis un an Airmed. Il entend répondre aux défis spécifiques du territoire. À l’origine du projet, un constat simple : l’accès à une information médicale fiable reste parfois complexe.
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« J’ai été touché il n’y a pas très longtemps par le parcours d’une femme qui avait 3 enfants, qui a eu un cancer du sein et qui est décédée. Ça a été le parcours du combattant pour chercher de nouvelles thérapies. C’est là que je me suis rendu compte que les médecins avaient besoin d’aide malgré tout. Même s’ils ont une expertise, qu’ils ont fait des études, ça n’empêche pas que l’on peut apporter des solutions. Ils utilisent de plus en plus ChatGPT, parce qu’ils ont vraiment besoin d’aide. Dans mes recherches, dans mes études, je me suis passionné pour ça », explique celui-ci.
Sur le principe, Airmed fonctionne comme une intelligence artificielle de type ChatGPT. Mais contrairement aux outils grand public, ses réponses sont construites uniquement à partir de sources médicales validées par la communauté scientifique. Ce qui permet de limiter les erreurs et de sécuriser les réponses.
« Ce type d’outil se prête parfaitement à retrouver l’info dont on a besoin, au bon moment, pour traiter le patient. On perdait du temps à rechercher de l’information en consultation. On va pouvoir maintenant regagner », se félicite Antoine Wiart, médecin généraliste
Un comité scientifique a été constitué. Une cinquantaine de professionnels de santé participent à l’évaluation et à l’amélioration de la plateforme afin de garantir ses recommandations.
Pour les îles les plus isolées, l’outil pourrait aussi s’avérer un précieux soutien pour les soignants. Aux Marquises, à Ua Huka, Thomas Athénol, infirmier, est souvent le seul professionnel de santé à prendre en charge les patients.
« Je suis pour l’utilisation de l’IA. C’est une solution dans les dix prochaines années qui va être utile, mais il faut qu’on l’encadre comme toute chose nouvelle pour protéger les soignants qui vont les utiliser », dit-il.
Mais l’outil ne remplace pas l’expertise humaine. L’intelligence artificielle ne possède ni l’expérience clinique, ni la connaissance du patient, ni la dimension humaine au cœur de la relation de soins.
« Le personnel médical est comme une IA. Plus on va acquérir d’expériences en voyant des plaies, des dermatoses, des grippes virales, ou pas, plus on va apprendre », ajoute Thomas Athénol.
Pour les professionnels de santé, l’intelligence artificielle doit être considéré comme une aide à la décision, mais en répondant aux enjeux de sécurité et de fiabilité des données médicales.



