Terii Lucas, du sol au cockpit : un parcours guidé par la persévérance

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Entré à Air Tahiti il y a 24 ans, Terii Lucas a progressivement gravi les échelons jusqu’à devenir commandant de bord sur ATR 42 et 72. Un parcours jalonné d’obstacles, au cours duquel il a dû faire preuve de patience, de travail et de résilience.

Lorsqu’il entre à Air Tahiti en 2002, Terii Lucas est encore loin du cockpit. Il débute à la vente à distance et à la réservation téléphonique, avant de rejoindre, un an plus tard, l’agence de Papeete. Il y travaille pendant trois ans, puis intègre en 2006 l’équipe des personnels navigants commerciaux (PNC).

C’est à bord que naît son envie de devenir pilote. « Le déclic de devenir pilote est venu en exerçant le métier de PNC, en ayant vu le cockpit, en observant les pilotes travailler, leur environnement, leur bureau. C’est vraiment à ce moment-là que le déclic est venu ».

 

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En 2008, il quitte le fenua pour suivre une formation de pilote. Un cursus de deux ans, avec une première année particulièrement dense consacrée à la théorie, puis une seconde consacrée à la pratique et aux qualifications nécessaires pour entrer sur le marché du travail.

Mais à son retour, fin juillet 2010, la conjoncture économique contrarie ses projets. Les postes se font rares et aucune embauche de pilote ne se présente. Terii Lucas doit patienter trois ans avant de pouvoir prendre les commandes d’un avion à titre professionnel.

En 2013, il décroche finalement son premier poste de pilote chez Air Archipel, filiale d’Air Tahiti. Il devient copilote en 2016, puis réussit la sélection pour devenir commandant de bord en 2020. Une nouvelle crise vient toutefois interrompre sa progression : celle du Covid-19. Sa formation est mise en suspens.

Ce n’est qu’au début de l’année 2022 qu’il devient officiellement commandant de bord chez Air Tahiti, sur ATR 42 et 72. Vingt ans après ses débuts au sol, Terii Lucas atteint ainsi l’objectif qu’il s’était fixé.

« C’est pour vous montrer que même si vous commencez au bas de l’échelle chez Air Tahiti, par exemple, vous pouvez toujours gravir les échelons et évoluer dans votre entreprise. Avec beaucoup de persévérance et beaucoup de motivation ».

Une formation coûteuse

À ceux qui rêvent de suivre la même voie, le commandant de bord adresse un message d’encouragement. Pour lui, la profession n’est pas inaccessible, à condition de s’investir pleinement.

« Il faut vraiment se donner les moyens pour y arriver. Ce n’est pas un métier, comme beaucoup de gens le pensent, qui n’est réservé qu’à l’élite. Au contraire, tout le monde peut y arriver. Il faut se donner tous les moyens. Il faut croire en soi-même, il faut travailler dur. Il faut savoir aussi que l’une des barrières pour ce métier-là, c’est le coût ».

Une barrière financière loin d’être anodine : selon lui, la formation représente un investissement compris entre 10 et 15 millions de francs. Un montant susceptible de freiner de nombreux candidats.

(Crédit photo : Tahiti Nui Télévision)

À cette contrainte peuvent s’ajouter des obstacles imprévus, comme ceux qu’il a lui-même rencontrés au fil de son parcours. « Il faut persévérer, parce que c’est pas non plus un long fleuve tranquille. Ça demande beaucoup de persévérance, beaucoup de travail. Il faut faire preuve de résilience également ».

Et de résumer son conseil en quelques mots : « Et surtout, ne jamais abandonner. Parce qu’il y a des barrières qui peuvent survenir à tout moment de la route ».

Rigueur, sang-froid et travail d’équipe

Aux commandes, les compétences techniques ne suffisent pas. Le métier repose également sur la communication et le travail collectif, avec les autres pilotes, les PNC et les équipes présentes dans les escales. Le pilote doit être capable de réagir rapidement lorsqu’une situation se dégrade, tout en gardant son calme.

« Je dirais que les valeurs qu’il faut avoir pour être pilote, c’est déjà tout d’abord des valeurs simples, humaines. Le respect, l’humilité. Ensuite, la rigueur, bien sûr, la discipline, la maîtrise de soi, le sang-froid ».

La charge de travail peut varier brusquement, jusqu’à basculer presque instantanément dans la gestion d’une situation critique. Le commandant de bord doit alors faire preuve de maîtrise de soi, mais aussi de leadership. Une aptitude qui consiste, pour Terii Lucas, à fédérer l’ensemble de l’équipage autour d’une action commune et à mobiliser toutes les ressources humaines et matérielles disponibles.

Malgré les responsabilités et le prestige associés à la fonction, il insiste enfin sur une qualité essentielle : l’humilité. « On ne se cache pas que c’est un métier qui peut rapidement monter à la tête. (…) Il faut savoir garder les pieds sur terre, savoir d’où l’on vient, et rester soi-même. C’est très important ».

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