La CTC met en évidence la situation financière critique de l’Apair-Apurad

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Menacée par un redressement fiscal et un déficit d'exploitation grandissant, l'Apair-Apurad traverse une crise financière majeure. Dans son dernier rapport, la Chambre territoriale des comptes tire la sonnette d'alarme et alerte sur un risque réel de cessation d'activité, mettrant en péril la prise en charge de plus de 3 000 patients atteints de maladies rénales et respiratoires.

La prise en charge des patients souffrant de maladies rénales et respiratoires est elle menacée ? Dans son dernier rapport, la Chambre Territoriale des Comptes (CTC) révèle que l’Apair-Apurad pourrait ne plus être en mesure d’assurer ses missions d’ici 2026 si sa situation financière n’est pas redressée.

La Chambre relève une « dégradation de la situation financière » de l’association sur la période analysée, de 2021 à 2024. « Entre 2021 et 2024, les produits d’exploitation n’ont progressé que de 3,5 %, tandis que les charges ont augmenté de 12,6 %, aboutissant à un déficit d’exploitation d’environ 115 MF CFP en 2024 », relève la Chambre.

 

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Créée en 2019, l’Apair Apurad est née de la fusion de deux associations. L’existance sur le territoire d’acteurs privés comme DIAL ISIS (dialyse), SMP Polynésie ou PACIFIC Care (soins à domicile) la place aujourd’hui en situation de concurrence.
Le régime fiscal dont elle bénéficiait – réservé aux associations à but non lucratif – a donc été remis en cause, pour l’intégralité de son activité, par la direction des impôts et des contributions publiques au cours d’un contrôle fiscal engagé en 2025. Conséquence : L’association doit désormais payer l’impôt sur les sociétés, la contribution supplémentaire à l’impôt sur les sociétés, la contribution des patentes, la taxe sur la valeur ajoutée, la taxe d’apprentissage et l’impôt foncier.

Un redressement fiscal a été engagé en 2025 « dont les conséquences sont estimées à plus de 260 millions de Fcfp au titre des exercices antérieurs et à 50 millions de Fcfp par an à compter de 2025. Dans l’attente de l’adoption des comptes définitifs 2025 (mai-juin 2026) le déficit prévisionnel est d’ores et déjà estimé à près de 400 millions de Fcfp ».

De plus, la trésorerie de l’association était en chute de 55% en 2024. Des chiffres qui font craindre à la CTC « un risque sur la continuité d’exploitation est probable à l’horizon 2026. »

Par ailleurs, la Chambre note une progression de plus de 22 % des charges de personnel entre 2021 et 2024. « Celles-ci représentaient alors près de 52 % du chiffre d’affaires », souligne la CTC qui souligne également un pilotage « insuffisamment structuré des ressources humaines, notamment en matière de rémunération et de gestion de la paie ».

La rémunération des cadres de l’association pose également question. La Chambre estime que « le dispositif actuel d’indemnisation des
dirigeants non-salariés de l’Apair-Apurad appelle une clarification de ses conditions de versement ainsi qu’une sécurisation juridique de ses modalités. La chambre recommande à l’Apair-Apurad d’encadrer les modalités d’indemnisation et de rémunération versées aux dirigeants non-salariés de l’association en précisant notamment les conditions d’éligibilité, la durée, les plafonds et les modalités de révision ».

Des coûts de fonctionnement élevés et une activités contrastée. « La dialyse réalisée à domicile, pourtant essentielle en Polynésie française, demeure fragile en raison principalement de facteurs externes. Cette situation renforce la dépendance à l’hémodialyse en unité et pose des enjeux de soutenabilité, dans un contexte de tensions sur les ressources en néphrologues », note la CTC. L’évolution de la rentabilité des centres de dialyse de l’association met en évidence une dégradation marquée de la situation de la quasi-totalité des structures entre 2022 et 2024, qu’elles aient été initialement excédentaires ou déficitaires. De surcroît, les marges du service de soins à domicile se sont
dégradées sous l’effet de la hausse des consommables et de la contraction de l’activité. »

La Chambre a émis 8 recommandations à l’adresse de l’association. En 2024, l’association a suivi en moyenne 3 064 patients par mois, pour un total de 3 036 patients distincts sur l’année. Des patients qui pourraient voir leur prise en charge détériorée.

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