Au Musée de Tahiti et des iles, les secrets de la restauration d’une baleinière des Tuamotu

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Elle a traversé près d'un siècle et demi d'histoire. Une baleinière traditionnelle des Tuamotu fait actuellement l'objet d'une campagne de restauration au Te Fare Iamanaha. Suite à cela, une journée question-réponse sera organisée ce mercredi pour en découvrir davantage. Un reportage de .

Au Musée de Tahiti et des iles, une baleinière de 8,25 mètres se refait une beauté. Construite vers 1880 et originaire des Tuamotu, l’embarcation fait l’objet d’une seconde campagne de restauration. Un travail minutieux : près de 70 heures consacrées au bois et aux fibres de coco qui composent l’œuvre. « Je refais un petit peu de retouche sur les nouveaux nape (cordelette fabriquée avec des fibres de bourre de coco, NDLR) pour qu’ils se voient un petit peu moins parce qu’ils sont très clairs à l’origine donc je fais une retouche à l’aquarelle pour les foncer un peu, pour qu’ils ressemblent un peu plus aux nape originaux qui ont juste été consolidés, explique Camille Alambik, restauratrice du patrimoine. L’idée c’était de conserver le plus possible les nape originaux et n’intervenir que quand c’est nécessaire, en rajoutant des nape quand c’est vraiment structurel.« 

Une intervention volontairement minimaliste afin de préserver au maximum l’authenticité de cette embarcation. « Le défi c’est de la conserver toujours plus, c’est-à-dire que nous ce que l’on veut c’est qu’il n’y ait pas de perte de matière, qu’il n’y ait pas de risque de cassure supplémentaire, que déjà l’objet soit stable, ajoute Delphine Elie-Lefebvre également restauratrice du patrimoine. C’est ce qu’on appelle la conservation curative. Après bien sûr que esthétiquement on souhaite aussi qu’elle soit appréciable aux yeux du public. Le travail de conservation c’est déjà pour transmettre à nos générations futures. Le principe de tout ce qu’on garde en musée c’est d’abord effectivement de pouvoir comprendre certains objets, des techniques traditionnels qu’on est capables ou plus capables de faire.« 

 

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Cette restauration est aussi une opportunité pour la recherche. Des prélèvements sont réalisés afin d’identifier la gomme autrefois utilisée entre les fibres de coco. Des analyses qui permettront de mieux comprendre les techniques de fabrication traditionnelles. Le musée a également fait appel à une artisane locale dans cette opération de conservation.

« Nous avons fait appel à une vannière spécialiste des Tuamotu, qui est Tevaine Teariki qui, à notre demande, a réalisé un lot de nape, donc de tressages en fibre de coco, parce que la baleinière est constituée de planches assemblées et originellement maintenues par ces liens en nape. Et c’est notre but absolu de continuer à développer la recherche en partenariat avec ces communautés parce qu’il ne s’agit pas seulement de recevoir et pouvoir contempler les objets mais de continuer en collaboration avec les personnes ressources à développer ce savoir et la préservation de ce patrimoine », assure Marine Vallée, conservatrice au Musée de Tahiti et des îles

Au-delà de l’embarcation, c’est tout un héritage qui est préservé. Fragiles, ces œuvres racontent l’histoire des savoir-faire traditionnels polynésiens.

Vous souhaitez en savoir plus ? Un échange ouvert au public est prévu mercredi 22 juillet au Musée de Tahiti et des iles.

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