Le mouvement de grève a débuté dans la nuit de mercredi à jeudi chez Air Tahiti et Somstat. « Depuis 2 heures du matin, c’est effectif, c’est tout le monde », confirme Cyril Le Gayic, secrétaire général de la Confédération des syndicats indépendants de Polynésie (CSIP). Le syndicaliste précise avoir laissé les équipes de nuit terminer leur service, notamment pour permettre le ravitaillement des avions.
Chez Air Tahiti, quatre secteurs sont concernés : les agents de piste des vols domestiques et internationaux, les agents d’entretien et les personnels navigants commerciaux (PNC). Des catégories de salariés particulièrement exposées, selon le syndicaliste, à des conditions de travail difficiles : « j’ai demandé à ce qu’on puisse améliorer leur situation ».
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Des négociations expédiées « en cinq minutes »
La veille du déclenchement de la grève, une dernière rencontre avec la direction n’a pas permis de trouver un terrain d’entente. Cyril Le Gayic déplore la brièveté des échanges, alors que les syndicats avaient été invités à identifier leurs revendications prioritaires.
« Je trouve que c’est décevant, puisqu’ils nous ont demandé de cibler les points essentiels qu’on voudrait voir et discuter pour essayer de régler. On a transmis, et hier après-midi, ça a duré pas plus de 5 minutes, les discussions », regrette-t-il. Selon lui, plusieurs engagements pris lors de précédents mouvements sociaux n’ont toujours pas été respectés : « Il y a des points qui ont été inscrits, conclus dans les précédents protocole d’accord, et ils ont donné des délais, des dates. Et jusqu’à aujourd’hui, ce n’est pas appliqué. À moins qu’on s’est trompé d’année. Au lieu de 2026, ils auraient pu nous dire que ça va être appliqué en 2030. Comme ça, on ne serait peut-être pas en grève. »
Le syndicaliste dénonce également des irrégularités dans le calcul des congés payés et l’application de certaines dispositions réglementaires.
Pour l’heure, impossible de connaître précisément l’ampleur de la mobilisation. « Moi, je ne compte jamais la première journée. Ceux qui vont commencer à 14h, ils ne vont pas venir à 8h, ça c’est sûr », explique Cyril Le Gayic, qui attend vendredi, au deuxième jour de grève, pour disposer d’un premier bilan.
La Hawaiki Nui Va’a toujours dans dans l’incertitude
À l’approche de la Hawaiki Nui Va’a, la grève suscite notamment des interrogations sur l’acheminement des rameurs et de toutes les personnes travaillant pour la compétition qui doit se rendre dans les îles. Interrogé sur les conséquences possibles du mouvement pour la Hawaiki Nui Va’a, Le Gayic ne cache pas sa détermination.
« Moi, je m’en fous de la Hawaiki Nui, moi, c’est les salariés », lance-t-il, avant d’ajouter : « Je ne vais pas priver les revendications de mes salariés pour cette compétition. » Il rappelle qu’au-delà des liaisons aériennes, il y a les liaisons maritimes : « ils peuvent prendre les bateaux ».
En revanche, le syndicaliste affirme « faire quelque chose » pour les charters scolaires. Pour rappel, les vacances scolaires démarrent la semaine prochaine.
Pas de service minimum organisé par le syndicat
Le syndicaliste de la CSIP affirme par ailleurs qu’aucun service minimum n’a été négocié : « On n’a pas de service minimum. Quand on a des discussions avec des employeurs qui ne comprennent rien, il n’y a pas de service minimum. » Les salariés non grévistes pourront néanmoins continuer à travailler, sous réserve du respect des durées maximales de travail et des temps de repos : « Je vérifie quand même la durée du travail. Il ne faut pas qu’ils dépassent les 10 heures de travail, et qu’ils fassent les 11 heures de repos, il y a l’amplitude horaire… S’ils dépassent, je suis obligé d’intervenir auprès de la direction du Travail pour faire respecter le droit. »
Malgré l’échec des dernières discussions, Le Gayic assure rester disponible pour reprendre les négociations : « Je suis toujours ouvert aux discussions ».



