En Europe, la Bourse de Paris a terminé en baisse de 1,42 %, Francfort a lâché 1,04 %, Madrid a reculé de 1,98 %, Milan a chuté de 2,51 % et Londres a perdu 0,27 %.
À Wall Street, l’indice Nasdaq – qui rassemble les grands noms de la tech – a plongé de 2,60 %, l’indice élargi S&P 500 s’est replié de 1,21 %, tandis que le Dow Jones – composé de valeurs plus traditionnelles – a terminé à l’équilibre (+0,02 %).
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« Le secteur de l’IA subit une pression considérable en raison des inquiétudes liées aux investissements et aux dépenses », ont expliqué les analystes de Briefing.com.
La veille, Meta (-6,98 %, à 648,85 dollars, en clôture jeudi) a publié un chiffre d’affaires pour le troisième trimestre supérieur aux attentes (+26 % sur un an) et prévu d’accélérer encore la cadence sur la fin d’année.
Mais « les investisseurs se sont concentrés sur les coûts croissants liés aux investissements de l’entreprise dans l’IA », ont noté les experts de Briefing.com.
Meta estime en effet devoir lever « des centaines de milliards de dollars sur plusieurs années » à partir de cet automne. Le groupe prévoit déjà d’investir 135 à 145 milliards cette année et son flux de trésorerie disponible est passé dans le rouge.
« Les opérateurs sont de plus en plus sceptiques quant aux perspectives de rentabilité des investissements colossaux » de ces géants du numérique, a résumé Jose Torres, analyste d’Interactive Brokers.
L’énergie flambe
Les marchés doivent également faire face à une montée des prix du pétrole.
Le prix du baril de Brent de la mer du Nord -référence internationale- a gagné 4,00 % jeudi, à 113,17 dollars, au plus haut depuis mai.
« La prime de risque fait son retour en force sur le marché » pétrolier, a résumé pour l’AFP John Kilduff, analyste d’Again Capital.
S’en prenant aux escortes mises en place par les forces américaines pour faire passer des navires dans le stratégique détroit d’Ormuz, dont Téhéran revendique le contrôle, les Gardiens de la Révolution iraniens, bras armé de la République islamique, ont averti Washington que « si cette tendance se poursuivait, le conflit s’étendrait à ses bases dans la région ».
« Ceci constitue un avertissement sérieux », ont-ils insisté dans un communiqué publié sur leur site Sepah News.
Les inquiétudes se portent également sur la capacité de l’Arabie saoudite à maintenir un niveau élevé d’exportation de brut, alors que les combattants houthis du Yémen mènent depuis plusieurs semaines des frappes d’une ampleur inédite contre les infrastructures civiles et pétrolières du royaume.
Le personnel du siège du géant pétrolier saoudien Aramco a reçu jeudi l’ordre d’évacuer les locaux, au lendemain de frappes meurtrières sur un aéroport proche.
La dette française sous pression
La montée des prix du pétrole « entretient les craintes d’une hausse de l’inflation chez les investisseurs », ce qui provoque une nouvelle progression de la plupart des taux d’emprunt en Europe, a expliqué Ipek Ozkardeskaya, analyste de Swissquote Bank.
Le rendement de la dette française à dix ans est particulièrement touché. La veille, il avait dépassé 5 % pour la première fois depuis 2002.
Jeudi, il a terminé à 5,07 % à la clôture, contre 5,01 % mercredi soir, se hissant plus haut que l’emprunt américain à échéance 10 ans (à 4,96 %). Seul le taux de l’Allemagne a reculé, bénéficiant de son statut de valeur refuge et de référence. Il s’est détendu à 3,33 %, contre 3,42 % la veille.
L’écart (spread) entre le taux français et le taux allemand, considéré comme une mesure de la méfiance des investisseurs envers la dette hexagonale, a par conséquent flambé, grimpant à 1,74 point, au plus haut depuis 2011, contre 1,59 point la veille.
Les investisseurs doutent depuis plusieurs semaines de la situation budgétaire de la France, avec une dette et un déficit publics parmi les plus hauts d’Europe, sur fond de débat politique tendu autour du projet de budget 2027 et d’incertitudes liées à l’élection présidentielle l’an prochain.



