La croisière recrute, mais peine à trouver des candidats au fenua

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Le secteur de la croisière poursuit sa progression au fenua, où 1 700 bateaux devraient faire escale en 2027. Pourtant, les compagnies peinent encore à recruter localement. Pour rapprocher employeurs et demandeurs d’emploi, le Pays mise notamment sur des opérations de job dating.

Le secteur de la croisière poursuit son essor en Polynésie française. En 2027, 1 700 bateaux devraient faire escale au fenua. Basés localement ou à l’international, ces navires contribuent au développement d’un secteur qui enregistre, depuis plusieurs années, une progression annuelle moyenne comprise entre 25 % et 30 %.

Face à cette croissance, les professionnels manquent pourtant de personnel. Une situation à laquelle le Pays souhaite remédier, notamment en organisant des rencontres entre les compagnies et les demandeurs d’emploi.

 

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« C’est un syndrome qu’on a observé, c’est-à-dire qu’on reçoit souvent des employeurs qui nous disent : “Je cherche, je trouve pas”, et de l’autre côté, on a des personnes qui sont en recherche d’emploi qui nous disent la même chose : “Je cherche, je trouve pas.” Donc ça veut dire qu’ils ne se sont pas rencontrés, donc c’est pour ça qu’on organise ces rencontres, ce job dating », explique Moetai Brotherson, président de la Polynésie française.

Mardi matin, une centaine de candidats ont participé à l’opération. Les entretiens, courts mais concrets, ont permis aux recruteurs de repérer les profils susceptibles de répondre à leurs besoins. Pour la compagnie propriétaire de l’Aranui, la candidature de Ratia Haukealani-Puahio ne restera pas sans suite.

« C’est le type de profil qu’on recherche, tout à fait. Déjà, il faut un petit peu d’expérience quand même dans le domaine, il faut l’envie, il faut la motivation, c’est clair et net. Aussi, c’est vrai que c’est un gros plus, mais le fait de pouvoir parler anglais parce qu’on a quand même des passagers aussi étrangers », souligne Ornella Payse, directrice des ressources humaines de l’Aranui.

Un échange également rassurant pour la candidate. « L’entretien est assez fluide, donc les questions sont assez transparentes. On demande directement si on a de l’expérience dans le domaine, quelles sont nos motivations personnelles et quelles appréhensions on peut avoir sur le métier convoité », témoigne Ratia Haukealani-Puahio.

Édouard Gaide, président du Tahiti Cruise Club, invité du journal de TNTV

Pour les compagnies, le recrutement local est essentiel afin d’associer compétences professionnelles et connaissance de la culture polynésienne. Windstar Cruises, qui positionne ses navires dans les eaux polynésiennes depuis plusieurs années, recherche notamment des profils capables de partager cette culture avec les passagers.

« C’est un petit navire, donc tout le monde se connaît, tout le monde se voit tous les jours et très vite, on crée des liens. Ce que j’aime beaucoup à bord, c’est que ces touristes qui viennent, ils ont soif de connaître la Polynésie, donc ils ont beaucoup de questions. Et le fait d’être un local à bord, tu te fais vite des amis », raconte Temoana Poole, conférencier pour Windstar Cruises.

Mais la motivation et les compétences ne suffisent pas toujours pour embarquer. La législation impose de posséder le certificat de formation de base à la sécurité (CFBS). Une formation estimée à 150 000 francs, actuellement à la charge du demandeur d’emploi.

« On va s’en préoccuper rapidement pour pouvoir éventuellement le proposer en même temps que la formation pour que ces jeunes-là, à l’issue de leur formation, ils aient ce certificat pour ceux d’entre eux qui en feraient la demande. Tout le monde n’a pas forcément vocation à travailler sur un bateau, mais en tout cas, au moins pour ceux qui en feraient la demande, qu’il y ait cette possibilité-là », indique Moetai Brotherson.

À l’issue de cette première opération, les compagnies de croisière ont d’ores et déjà fait part de leur volonté de renouveler l’expérience dès l’année prochaine.

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