Métiers de la croisière : opération séduction aux journées du tourisme nautique

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Devant l’essor du tourisme de croisière et ses quelque 20 milliards de Fcfp de retombées économiques par an, l’enjeu se situe plus que jamais sur les besoins en recrutement. Pour faire découvrir les métiers de la croisière et de la mer, les campus Hôtellerie-Restauration-Tourisme du Pacifique et des Métiers et des Qualifications de la Mer organisent deux matinées de « tourisme nautique », l’événement Tatai, les 10 et 15 septembre.

La croisière a le vent en poupe. En témoigne l’activité du secteur : une hausse de 300 % au cours des 15 dernières années et des retombées économiques qui pèsent aujourd’hui près de 20 milliards de Fcfp par an. Et la demande ne s’arrête pas là. Avec l’arrivée de nouveaux navires en Polynésie, le secteur doit désormais répondre à des besoins de recrutement toujours plus importants.

C’est dans ce contexte que l’événement Tatai 2026 a été organisé les jeudi 10 et mardi 15 septembre par le campus Hôtellerie-Restauration-Tourisme du Pacifique et celui des Métiers et des Qualifications de la Mer. Deux « matinées du tourisme nautique » qui ont vocation à faire découvrir les métiers de la croisière et de la mer, mais aussi à rapprocher les professionnels des demandeurs d’emploi.

 

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« On a besoin de recruter dans le secteur maritime. On veut faire connaître ces métiers qui sont souvent méconnus des jeunes, leur montrer qu’il y a plein de possibilités, parce qu’on peut être capitaine, mécanicien ou marin. Il y a plein de métiers à bord », explique le directeur opérationnel du campus des Métiers et des Qualifications de la Mer, Christophe Misselis.

Ce jeudi, l’opération séduction a débuté en musique pour accueillir les 300 élèves de collèges de Tahiti et Moorea. Les jeunes ont notamment eu l’occasion de visiter l’Aranui, le navire de croisière partenaire de l’événement. Objectif : susciter des vocations dès le plus jeune âge.

« On souhaite sensibiliser les élèves de 4e pour leur faire découvrir le champ des possibles. Ils visitent le navire et rencontrent des professionnels » indique la directrice opérationnelle du campus Hôtellerie-Restauration-Tourisme du Pacifique, Hina Grepin.

À bord, visite guidée des différents équipements et services par des professionnels, avec un focus particulier sur la restauration et la gastronomie. De quoi intéresser les les étudiants en BTS de l’École hôtelière de Tahiti et ceux de la licence professionnelle Tourisme de l’Université. C’est notamment à leur attention qu’une conférence était organisée. Animée par Jean-Baptiste Schneider, historien et enseignant-chercheur spécialiste de l’alimentation dans les navires, elle a permis de revenir sur l’évolution de la gastronomie à bord des paquebots.

« Le but c’est de donner envie aux étudiants, de leur faire prendre de la hauteur et de leur faire revoir toute l’histoire de la gastronomie à bord, avec des grands noms comme Escoffier, Carême ou encore Ritz », développe la directrice.

Le haut de gamme, créneau de prédilection de l’industrie touristique au Fenua, qui offre de nombreux débouchés, aussi bien en mer qu’à terre, selon la directrice. « La Polynésie a fait le choix d’avoir des paquebots relativement de luxe et restreints avec, je crois, moins de 500 passagers à bord, donc c’est une croisière de luxe avec des hauts standards. C’est très intéressant, c’est très formateur et ça permet après soit de continuer dans ce milieu de la croisière de luxe, soit de se réorienter dans l’hôtellerie de luxe à terre ».

Mais s’il y a beaucoup d’appelés, il y a encore peu d’élus. « Ça ne me donne pas spécialement envie de travailler sur un bateau, j’ai d’autres projets » glisse une élève de 4e.

Ce n’est pas un hasard si le secteur, régulièrement en pénurie de marins, peine à recruter. « Les métiers en mer sont assez méconnus et les jeunes hésitent souvent à embarquer. Il y a des idées reçues, comme le fait de ne pas vouloir quitter son foyer longtemps. De ne pas savoir comment ça se passe en mer, et des questionnements autour des conditions de travail » reconnaît Christophe Misselis. « Le métier où l’on a le plus de mal à recruter, ce sont les marins, avec tout ce qui va être opérations de navigation, où il n’y a pas d’horaires conventionnels. Les jeunes ont donc du mal à se projeter. »

Des métiers qui peuvent pourtant offrir une rémunération attractive. « Par exemple, un marin à la pêche gagne autour de 200 000 francs en moyenne, mais ces salaires peuvent monter beaucoup plus, doubler voire tripler en fonction des résultats de pêche », souligne-t-il.

Si dans les rangs des jeunes visiteurs, peu semblent prêts à embarquer, d’autres ne cachent pas une certaine curiosité. « C’est très intéressant de découvrir les métiers du nautisme. On a hâte de rencontrer les professionnels et de savoir quelles formations on pourrait éventuellement suivre grâce à cet événement », se réjouit une étudiante en formation d’accompagnateurs-guides touristiques au Centre de Formation Professionnelle pour Adultes (CFPA).

Après les visites, place aux recrutements. Mardi prochain, les professionnels de la mer auront une autre occasion d’inspirer la jeunesse. La deuxième matinée du tourisme nautique se tiendra au Terminal de croisière. Il accueillera un premier job dating avec des apprentis en hôtellerie, restauration et tourisme. L’occasion de passer aux choses sérieuses : transformer les demandes d’embauche en recrutement.

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