Un quart de siècle après, l’Amérique commémore le 11-Septembre

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Les Etats-Unis ont rendu hommage vendredi aux victimes des attaques du 11-Septembre, il y a 25 ans, avec au coeur des commémorations une cérémonie du souvenir à New York, sans Donald Trump mais en présence de quatre de ses prédécesseurs.

A « Ground Zero », site des anciennes tours jumelles du World Trade Center, les proches des victimes ont procédé toute la matinée à la longue et solennelle lecture des noms des près de 3.000 morts, dans un quartier sud de Manhattan bouclé pour l’occasion.

« Chaque année, c’est une période très difficile pour nous, cette année d’autant plus que nous arrivons au cap des 25 ans« , a témoigné auprès de l’AFP John Fila, pompier ayant participé aux sauvetages, interrogé lors d’une autre cérémonie un peu plus loin à Manhattan.

 

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Donald Trump, lui, a choisi de prendre la parole depuis le Pentagone, quartier général du ministère de la Défense, également ciblé ce jour-là par un avion détourné par des pirates de l’air de l’organisation jihadiste Al-Qaïda.

« Nous n’oublierons jamais » et « c’est pour ça que nous nous battons aujourd’hui« , a-t-il lancé, au moment où son pays est engagé dans une nouvelle guerre au Moyen-Orient, contre l’Iran, très impopulaire auprès des Américains.

Giuliani « offensé »

A New York, alors que les prises de parole sont normalement très cadrées, deux proches des disparus ont profité de la tribune pour s’en prendre violemment à l’Arabie saoudite, d’où étaient originaires la majorité des pirates de l’air et le chef d’Al-Qaïda, Oussama ben Laden, accusant les Etats-Unis d’avoir protégé le royaume.

D’autres cérémonies étaient organisées dans plusieurs endroits de la ville comme à Bryant Park, à Manhattan, où avaient été disposées 2.753 chaises vides, soit autant que le nombre de personnes décédées ce jour-là dans la ville (les autres ayant été tuées dans le reste du pays).

« Leur vie leur a été volée sans aucune raison » et « elles méritent qu’on se souvienne d’elles« , a rapporté Anthony Romano, 65 ans, originaire de l’Etat de New York, une fleur blanche à la main.

Parmi les officiels, avaient pris place le vice-président JD Vance ainsi que les quatre anciens chefs d’Etat encore en vie: les démocrates Joe Biden, Barack Obama et Bill Clinton, de même que le républicain George W. Bush, qui présidait le pays le jour des attentats.

En bonne place figurait aussi Zohran Mamdani, 34 ans, issu de la gauche du Parti démocrate, premier maire de New York à avoir prêté serment sur un Coran.

Après les attaques, les actes anti-musulmans avaient bondi dans la ville comme dans le reste des Etats-Unis. La police avait aussi renforcé la surveillance des communautés au nom de la lutte contre l’islamisme, à travers un programme désormais abandonné.

Un souvenir qui s’éloigne

En 2001, « il y avait bien sûr déjà une population musulmane à New York, mais elle était moins importante et n’avait pratiquement aucun poids politique. Depuis, la situation a considérablement changé, dans la ville comme au niveau national« , observe le politologue Lincoln Mitchell auprès de l’AFP.

Une évolution qui n’a pas empêché certaines voix conservatrices de demander que Zohran Mamdani n’assiste pas aux commémorations.

Comme celle de Rudy Giuliani, maire de New York au moment des attentats – devenu par la suite avocat de Donald Trump – qui s’est dit « offensé » par la présence à « Ground Zero » du jeune élu.

Une pétition, qui a recueilli plus de 100.000 signatures, accuse aussi le nouveau maire d’être associé à des personnes « dédaigneuses envers les institutions américaines ou insuffisamment critiques à l’égard des idéologies extrémistes« , sans préciser lesquelles.

Cette semaine, Zohran Mamdani a par ailleurs annoncé la publication de dizaines de milliers de documents révélant, selon lui, des dissimulations de la ville sur la toxicité de l’air après les attaques contre le World Trade Center.

En plus des 2.977 personnes décédées aux Etats-Unis le jour des attentats, plus de 9.400 autres sont mortes depuis des suites de maladies liées à leur exposition, selon le programme fédéral de suivi médical.

Parmi ceux qui pourraient être mis en cause figurent notamment Rudy Giuliani, mais aussi Michael Bloomberg, élu maire en novembre 2001.

Un quart de siècle après les faits, on dénombre désormais environ « 100 millions d’Américains qui n’étaient pas encore nés ou trop jeunes pour avoir un souvenir » des événements, souligne Beth Hillman, présidente du Musée-Mémorial du 11-Septembre.

Après avoir beaucoup insisté sur « le devoir de mémoire« , l’institution qu’elle dirige porte désormais ses efforts sur la transmission et la pédagogie, avec des témoins formés à intervenir auprès de publics ayant eu connaissance des faits uniquement à travers leurs parents ou l’école.

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