Il retournera à New-York avec sa « dernière cartouche » pour faire « avancer le puzzle » de l’indépendance de la Polynésie française. Lors de la prochaine session de la quatrième Commission des Nations Unies chargée des politiques spéciales et de la décolonisation – la 81è, qui s’ouvrira en septembre prochain, réserve une période aux pétitionnaires du 5 au 9 octobre – , Oscar Temaru défendra sa déclaration de « pleine souveraineté des États fédérés de Mā’ohi Nui » , un document qu’il a signé le 24 août dernier, révélé ce vendredi par Tahiti Infos.
Le président du Tavini Huiraatira y rappelle notamment « l’histoire d’annexion » du Pays. Reposant, précise-t-il, sur « un document frauduleux » . « Il n’y a que ça. On déclare notre Pays ‘État Souverain’ (…). Pour sortir de ce marasme politique, de ce carcan politique, il faut qu’on soit un État souverain. Et Dieu merci, aujourd’hui nous avons le soutien de la communauté internationale » , ajoute-t-il.
« Les principales compétences pour développer ce Pays sont entre les mains des petits-enfants de l’État » , déplore-t-il. De celles du « gouverneur » de l’époque, à celles de celui qui est « devenu haut-commissaire (…) qui a les principales compétences » .
Le maire historique de Faa’a affirme d’ailleurs avoir discuté de l’évolution du statut pendant trois heures avec Gaston Flosse, ce jeudi soir. « Le champion de ce statut d’autonomie, c’est M. Gaston Flosse, qui reconnaît aujourd’hui que ce statut a atteint ses limites (…). Il l’a répété une dizaine de fois, il faut absolument qu’on soit indépendants (…). C’est la population qui doit décider. Et je suis sûr qu’elle va décider dans ce sens-là si elle est bien informée de ce que représente notre pays, le soutien de la communauté internationale et les ressources de notre Pays » , ajoute-t-il.
Nodules polymétalliques : « on peut même payer la dette de la France »
Dans son document, Oscar Temaru insiste encore et toujours sur l’exploitation des ressources sous-marines du fenua, et de ses nodules polymétalliques. « Ça pourrait rapporter 10 à 15 milliards de dollars au kilomètre carré (…). On peut même payer la dette de la France (…) Il n’y aura plus de pauvres dans ce pays. Il n’y aura que des milliardaires » , poursuit-il.
Des ressources qui permettront, selon lui, d’attirer les investisseurs étrangers et de mettre en place des accords de coopération. « Malheureusement, Moetai (Brotherson) n’est pas le président d’un Pays. C’est (Emmanuel) Macron qui a cette compétence là (…). C’est ça qui nous empêche d’avancer. Moi je dis une chose : on devient un État souverain, on peut très vite passer de 300 000 touristes à 1 million de touristes » , affirme-t-il.
Pour concrétiser cette ambition solennelle avant l’échéance internationale à New York, le leader du Tavini mise sur une mobilisation citoyenne directe à travers la signature massive de sa pétition. Une étape qu’il entend franchir ce samedi, lors d’une réunion à la permanence du parti, ce samedi.



