Bâches, tentes et panneaux installés face au lagon… Depuis plusieurs jours, des habitants occupent le terrain du Motu Horea. Pour eux, ce camping improvisé est devenu le dernier moyen de se faire entendre. « Ce motu nous tient à coeur, explique Heifare Brothers. C’est un motu où des générations et des générations sont passées se reposer, se ressourcer. C’est beaucoup de souvenirs. »
Les manifestants reconnaissent aujourd’hui avoir épuisé la plupart des recours possibles contre le projet de complexe touristique porté par Fabrice Convert, et que leurs moyens sont dérisoires face au promoteur. Mais hors de question pour eux de quitter les lieux avant le début des travaux. « La seule chose qui nous reste c’est de rester sur le motu et veiller à ce qu’il ne vienne pas avec son matériel pour les travaux. On est fatigués physiquement, mentalement, mais on tient le coup ».
Rosemonde fait elle aussi partie des campeurs. Pour elle, « c’est un sacrifice mais c’est pour la bonne cause. Si on est là aujourd’hui, c’est pour nous pour nos enfants ».
Reste une question : jusqu’à quand cette mobilisation pourra-t-elle durer ? Les campeurs assurent être prêts à maintenir leur présence aussi longtemps que nécessaire. « On va discuter, être pacifiques. On ne veut pas que ça dégénère. J’appelle à la mobilisation. J’ai besoin qu’il y ai du monde. On est une dizaine (…) C’est le seul motu public qui nous reste. Celui d’à côté a été vendu. »
Pour l’heure, aucun démarrage de chantier n’a été constaté sur le site. Les gendarmes seraient passées sur zone ce matin. Malgré la fatigue, les opposants, déterminés, promettent de rester mobilisés jusqu’au bout.



