Horea, le motu de la discorde à Raiatea

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Le projet d’aménagement touristique du motu communal Horea, à Tumaraa, suscite la vive opposition de certains riverains. Une manifestation était prévue ce samedi pour dénoncer un manque de concertation et la crainte d’une privatisation progressive du site, alors que les travaux doivent débuter la semaine prochaine. Le promoteur assure de son côté que l’accès au motu restera ouvert au public.

Avant le bruit des pelles, celui du mécontentement. Au cœur de la discordre, le projet de complexe tourististique – un restaurant et ses annexes, huit fare pote’e, des sanitaires – sur le motu Horea, à Tumaraa, porté par Fabrice Convert, promoteur local. Car à quelques jours de l’ouverture du chantier d’aménagement, des riverains tentent de faire suspendre le projet à travers des recours et une pétition restés sans effet.

Pour plusieurs d’entre eux, ce motu représente avant tout un lieu public fréquenté par les familles de Tevaitoa et Tehurui. Ils craignent que la présentation du projet faite par ses porteurs ne masque une privatisation progressive du site.

 

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Maquette du projet d’aménagement du motu (crédit : Blue Stones)

Il parle de fare accessible à la population. Dans le permis de construire, c’est clair, ce sont des fare pote’e mis à disposition des clients. Il y a une différence entre être habitant de Tevaitoa ou de Tehurui, et d’être client de son restaurant”, affirme Naumi Mihuraa, riveraine et opposante de l’ancien maire de Tumaraa, Cyril Tetuanui, qui avait donné sa bénédiction au projet.

Soutien de l’actuel maire Gérard Goltz, elle dénonce surtout un manque de consultation de la population avant la signature du bail. La demande de permis de construire, elle, avait été enregistrée par la Direction de la Construction et de l’aménagement le 5 juillet 2024. “Le tavana, à l’époque – Cyril Tetuanui, ndlr – , avait signé le bail avant même de présenter le projet à sa population. Comment tu peux priver Tevaitoa, qui est le plus grand district de la commune de Tumaraa, et Tehurui du seul motu sans en parler (…) pour un restaurant de luxe? C’est juste inacceptable et aujourd’hui, on se lève contre ça”, poursuit-elle.

« Tout a été fait dans les règles de l’art »

Face aux critiques, Fabrice Convert défend un projet qu’il assure conforme aux engagements pris avec la commune et validé par les services du Pays. Les fare pote’e, les sanitaires et des navettes gratuites seront mis, assure-t-il, à disposition du public. “Tout a été fait dans les règles de l’art. Tout a été validé. Et au dernier moment, pour empêcher la construction du projet et empêcher aussi le travail pour toutes ces familles qui nous font confiance, ils veulent bloquer les choses alors que leurs revendications ne sont pas légitimes”, soutient le promoteur.

Tout le monde pourra accéder au motu. Vous avez le bail commercial : ‘le preneur s’engage à laisser le libre accès au public (…). Les fare pote pour la population seront mis gratuitement à disposition’. Il n’y a aucune obligation de venir manger au restaurant. C’est un lieu qui va être ouvert au plus grand nombre et absolument pas privatisé”, ajoute-t-il.

L’ancienne majorité municipale défend également ce projet, qu’elle considère bénéfique pour l’économie locale et l’emploi. “Il y avait des règles d’or à respecter. Il fallait que le motu reste accessible à la population”, rappelle Moemoea Colomes, qui avait succédé à Cyril Tetunaui dans la campagne pour la mairie après la condamnation de ce dernier à deux ans d’inéligibilité. Il y avait aussi de l’embauche, de la création d’emplois. Nous avons demandé à ce qu’il y ait la priorité sur Tumaraa”, explique-t-elle encore.

Par ailleurs, souligne-t-elle, « rien » n’obligeait son équipe « à consulter la population avant de signer le bail » . « Par contre, après avoir signé le bail, nous sommes allés rencontrer nos administrés. Fabrice est un local. Nous l’avons soutenu parce que c’est un local qui revient chez lui » , nuance-t-elle.

Malgré ces garanties, les opposants restent sceptiques. “Ce n’est pas le premier projet contre lequel la population se lève. Il y a eu le cas de Uparu. On a pu bloquer, pas par l’administration, mais parce que sa population s’est levée”, lance-t-elle.

Mercredi dernier, le promoteur a également adressé un courrier à la commune pour mettre en garde contre d’éventuelles actions illégales visant à empêcher le chantier. “J’ai juste précisé que si vous faites des choses de manière illégale, il y aura forcément des conséquences. Vous m’attaquez, je vais me défendre. Je vais prendre mon avocat et je vais attaquer” , conclut-il.

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