“Mon but, c’était de brûler la maison, de me tuer, et de tuer mon mari et mes enfants”

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Une femme de 41 ans a été condamnée, ce mardi par le tribunal correctionnel, à 3 ans de prison avec sursis pour mise en danger de la vie d’autrui. Détruite par une relation de couple toxique, elle avait mis le feu à son fare, en février 2024 à Mahina, alors que son conjoint et leurs 3 enfants se trouvaient à l’intérieur. “Mon but, c’était de bruler la maison, de me tuer, et de tuer mon mari et mes enfants”, a-t-elle confié.

Douloureux dossier, ce mardi, au palais de justice. Principale prévenue à la barre : une mère de 3 enfants, dont un garçon autiste, qui a failli commettre l’irréparable.

Le 21 février 2024, après une violente dispute avec son époux, avec lequel elle était mariée depuis 20 ans, elle a déversé de l’essence dans l’une des chambres de leur fare avant de mettre le feu. L’ensemble de la famille se trouvait à l’intérieur.

La maison a été partiellement endommagée, mais le père est parvenu in extremis à extraire le jerricane inflammable, évitant un terrible drame.

Pour expliquer son geste fou, la mère a indiqué qu’elle ne supportait plus les violences physiques et verbales de son époux qui lui reprochait constamment une relation adultérine datant de … 18 ans. 

J’en avais ras le bol qu’il me rabâche les mêmes choses”, a -t-elle expliqué, ajoutant du bout de lèvres que son mari se servait de ce prétexte pour lui imposer des relations sexuelles.

Mon but, c’était de bruler la maison, de me tuer, et de tuer mon mari et mes enfants. J’étais à bout. Il me demandait de faire l’amour tous les jours, et je lui disais tout le temps : ‘non’”, a-elle confié aux enquêteurs. Auparavant, la quadragénaire avait déjà tenté par 3 fois de mettre fin à ses jours.

Il y a quand même un grand désespoir. Vous ne vous êtes pas rendu compte qu’elle était malheureuse ?”, a demandé le président en s’adressant au mari, lui même poursuivi pour des violences sur sa femme.

C’est plutôt moi qui suis malheureux. Elle m’a trompé”, a-t-il répondu. “C’était il y a 18 ans. Vous avez la rancune tenace”, s’est désolé le magistrat.

“Les faits sont effroyables”

L’expertise psychiatrique de la prévenue a conclu qu’elle était “déficiente mentale légère” avec un “âge mental compris entre 9 et 12 ans”. Et qu’elle avait subi dans son couple des “violences psychologiques, des humiliations et intimidations”.  Des troubles qui ont “altéré son discernement” au moment de son passage à l’acte.

Pour ce qui concerne les enfants, notamment le jeune autiste, l’expert a plaidé pour “une enquête social indispensable et urgente”.

Les faits sont effroyables”, a de son côté soufflé la procureure, “une mère, une épouse, excédée, désespérée qui en arrive à commettre de tels actes (…) Elle est malheureuse, mais ce n’est pas une raison pour vouloir supprimer toute sa famille”.

Les 2 sont à leur façon responsables de leur malheur. Mais les enfants n’ont rien demandé”, a ajouté la magistrate avant de réclamer une peine de 3 ans de prison avec sursis, en tenant compte de l’altération du discernement.

C’est une femme dont l’âge mental est entre 9 et 12 ans. Mais c’est une mère qui paie les factures, fait les courses. Et une épouse qui est victime de violences et de harcèlement sur une période de 18 ans. Doit-elle être reconnue coupable ?”, s’est interrogé l’avocat de la quadragénaire, Me Tehono Marchal, invitant le tribunal a prononcé une relaxe.

Ce qu’il n’a pas fait. La mère de famille a été condamnée à trois ans de prison avec sursis avec une obligation de soins psychiatriques. Son mari a écopé d’une année avec sursis pour les violences et devra être suivi pour son addiction à l’alcool.

Depuis 2 ans, le couple est divorcé. Elle vit dans un foyer pour femmes, et lui est retourné au domicile de Mahina.

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