Ce père de 5 enfants, âgé de 42 ans, avait jeté son dévolu sur sa fille après s’être séparé de la mère de celle-ci. Gros consommateur d’alcool et de paka, il demandait à la petite de dormir à ses côtés lorsqu’il résidait avec elle. Et il profitait de ce huis clos pour l’agresser.
La jeune victime avait fini par révéler ces agissements à l’une de ses voisines dont elle était proche. « Elle m’a dit que son papa était un pervers. Il a besoin de sa fille pour dormir et il lui fait des bisous partout », a confiée celle-ci aux enquêteurs.
Entendue à son tour, la fillette a raconté en détails les agressions subies : exhibition, attouchements et pénétration digitale. « Quand je dis non à Papa, il dit que je suis nulle. Des fois il vient sur moi comme les gens qui font l’amour (…) C’est arrivé plein de fois », a-t-elle témoigné avec ses mots d’enfant.
Des faits que le père avait reconnus lors de sa garde à vue, mais aussi devant le juge d’instruction. A l’audience, ce mardi, il a pourtant fait machine arrière.
« Je ne fais jamais ces trucs-là », a-t-il lâché, mettant ses aveux sous le coup de la « pression » que lui auraient mis les gendarmes.
La jeune victime, 14 ans aujourd’hui, réside depuis quelques années dans l’Hexagone. Et selon son avocate, elle adopte des « comportements de mise en danger ».
« Elle sollicite notamment des relations sexuelles avec des hommes plus âgés. Je ne peux pas m’empêcher de mettre ça en lien avec les agressions sexuelles de son père », a souligné la pénaliste qui s’est dit « surprise » par le changement de version du prévenu à l’audience.
« Je partage l’étonnement de la partie civile », a rebondi la procureure, « son revirement aujourd’hui est incompréhensible, mais c’est son droit ». « La jeune victime reste profondément perturbée par ce qu’elle a vécu. Cela engendre beaucoup de dérèglements », a ajouté la magistrate.
Le jusqu’auboutisme du père dans ses dénégations a vraisemblablement pesé dans la balance judiciaire. Le tribunal a en effet été au-delà des réquisitions du ministère public. L’homme a été condamné à 5 années de prison ferme et a été conduit derrière les barreaux dès la fin de son procès.
Son autorité parentale lui a été retirée et son nom sera inscrit au Fichier national des auteurs d’infractions sexuelles. Il devra enfin verser 1,3 million de francs de dommages et intérêts à sa fille.



