Fin du Terevau : « Ce bateau restera dans le cœur de la population de Moorea »

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Le Terevau ne naviguera plus entre Tahiti et Moorea. Après plusieurs mois de tentative de relance, la compagnie maritime a été placée en liquidation judiciaire ce lundi 13 avril. Dans un message adressé aux passagers, son gérant évoque un projet de reprise qui n’a pas pu aboutir, faute de garanties financières suffisantes.

La compagnie maritime, exploitée par la société SNVG 2 Moorea, a été placée en liquidation judiciaire ce lundi 13 avril, mettant un terme à près de 14 ans de liaison entre Tahiti et Moorea.

Une issue redoutée, malgré plusieurs mois d’efforts pour relancer l’activité. Le projet de continuation n’a pas pu aboutir, faute de financements suffisants, dans un contexte jugé trop incertain.

 

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Dans un message publié sur les réseaux sociaux, le gérant Frédéric Faura a officialisé la nouvelle :
« Malgré des mois d’efforts, d’engagement et de travail acharné, les derniers échanges avec les financeurs ont conduit à une issue que nous redoutions : le projet de continuation n’a malheureusement pas pu aboutir. Le Tribunal de commerce a donc prononcé la liquidation de la compagnie Terevau ».


Interrogé, le gérant confie ressentir « une infinie tristesse, tout d’abord, pour une histoire qui a commencé en 2012, c’est-à-dire il y a bientôt 14 ans. Mais un soulagement aussi, parce que ça nous permet aujourd’hui de faire le point. (…) Le Terevau, c’est une belle aventure qui se termine aujourd’hui, mais pas vraiment, parce que je pense que ce bateau, cette histoire, restera dans le cœur de la population de Moorea, que j’embrasse très fort, même si je n’ai géré cette société que 4 mois ».

Fredéric Faura, le gérant du Terevau. (Crédit photo : Tahiti Nui Télévision)

Sa priorité, assure-t-il, reste les salariés : « Depuis le début, quand nous avons travaillé sur le dossier Terevau et toute l’équipe de direction, notre priorité, c’était les salariés. Donc nous avons cherché tous les moyens pour faire repartir la société. Le tribunal nous a donné un sursis d’un mois pour trouver un financement bancaire qui malheureusement n’a pas abouti. Mais moi ce qui me rassure aujourd’hui par cette liquidation, c’est que nos collaborateurs voient enfin le bout du tunnel et qu’ils puissent se reconstruire après dans le sens où le reste des salaires qui leur est dû leur sera payé. Et au moins, ils pourront se projeter dans l’avenir, l’après Terevau ».

« Tout le monde est perdant dans cette histoire »

Du côté des actionnaires, l’amertume est également palpable. Tino Fa Shin Chong, ancien capitaine du navire, estime que plusieurs facteurs ont pesé dans la décision : « On a tout fait pour faire en sorte que ça ne passe pas en liquidation. Mais il y a des motifs qui tiennent la route pour passer en liquidation. Il y a eu des éclaircissements au dernier moment sur la propriété du moteur. Ce n’est pas clair jusqu’à la fin. Le tribunal a dit ok, c’est comme ça, donc on prend le jugement. On passe en liquidation. (…) il n’y a pas que la banque qui n’a pas joué son rôle. Parce que la banque, elle est là aussi pour nous, pour demain aussi. Ils ont peut-être oublié ce paragraphe. C’est un monde un peu différent. Ils ne parlent pas comme nous, ils ne pensent pas aussi comme nous. (…) Tout le monde est perdant dans cette histoire ».

Les salariés dans l’attente de rebondir

Pour les salariés, la fin du Terevau marque la fin d’une aventure humaine forte. Fiona Tauaroa, employée depuis 14 ans, témoigne : « Tous nos salariés sont devenus ma famille. Fredo, un gérant qu’on a connu pendant 4 mois, c’est tellement court, mais on a espéré avec lui, vraiment. On a remarqué son investissement. Malheureusement, le pôle financier n’a pas abouti. La décision a été prise aujourd’hui, et nous la respectons ».

Fiona aura été dans l’aventure Terevau du début à la fin. (Crédit photo : Tahiti Nui Télévision)

Sur les 35 salariés que compte la compagnie, cinq ont déjà démissionné, dont quatre partis à la concurrence. Pour les autres, l’heure est désormais à la recherche d’un nouvel emploi : « Vendredi, lorsque notre gérant nous a réunis à bord du bateau du Terevau à Moorea, j’ai demandé à mes collègues d’envoyer leur CV. On aurait un plan B pour un autre armateur. Donc, on garde toujours espoir. On avance, même si c’est fini. Mais on garde espoir de trouver un autre travail ailleurs ».

Une page se tourne donc pour le Terevau, qui aura marqué pendant plus d’une décennie les liaisons maritimes entre Tahiti et Moorea.

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