« Je ne veux pas parler de votre parti, de vos problèmes, c’est votre affaire à nous. Mais là où nous craignons un impact, c’est sur les affaires du Pays » a lancé Edouard Fritch, le président du Tapura Huiraatira, lors de la séance à l’assemblée ce mercredi matin. Les divisions au sein du parti bleu ciel offrent des arguments aux rouges. Fritch a pointé les fractures qui traversent le Tavini, au lendemain de la démission de Tematai Le Gayic. Président de la commission de l’économie, des finances et du budget, l’élu était absent lors du vote d’un collectif budgétaire.
Pas de quoi déstabiliser le chef de l’exécutif, qui a surtout répondu sur le fond : l’engagement de plus de 13 milliards de Fcfp, dont 6 milliards pour anticiper et amortir les effets économiques du conflit au Moyen-Orient. Parmi eux, 3 milliards et demi doivent notamment abonder le Fonds de régulation des prix des hydrocarbures. « Ce collectif était nécessaire compte tenu de l’augmentation du prix des hydrocarbures. Par contre, on a bien mis le doigt sur le fait que durant les trois premières années de cette mandature, aucune réforme de fonds n’avait été mise en place sur la transition énergétique, mais aussi sur la question de la cherté de la vie. (…) Et nous alertons le gouvernement sur la nécessité de changer les choses. On le voit à l’occasion de cette crise, nous ne nous sommes pas préparés. On est même au-delà du discours sur l’indépendance et l’autonomie. On voit à quel point on est dépendant de la situation internationale » indique Nuihau Laurey, représentant non-inscrit.
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Une dépendance qui oblige le Pays à continuer de contenir la hausse des prix des carburants. « Le FRPH dans l’immédiat doit être maintenu, mais c’est vrai qu’on doit amorcer une réflexion pour le supprimer, mais avec les déterminants que j’ai indiqués. En tout cas, encore une fois, c’est mon avis personnel, il faut qu’on puisse offrir des alternatives transport en commun performant et aide aux automobilistes qui n’ont pas les moyens de payer un carburant à 240 francs » explique Warren Dexter, ministre de l’Économie, du Budget et des Finances, en charge des Énergies.

Autre rallonge budgétaire adoptée, une subvention de plus de 2 milliards pour Air Tahiti Nui. « C’est beaucoup d’improvisation sur les milliards qui appartiennent aux contribuables. On ne voit pas d’une façon suffisamment claire la politique qui est menée aujourd’hui par le gouvernement pour tenter de sauver cette compagnie et pour donner à cette compagnie plus de souffle plus d’espoir » déplore Edouard Fritch.
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Pour le président du Pays Moetai Brotherson, Air Tahiti Nui amorce un changement de cap, avec une nouvelle stratégie présentée hier en comité d’entreprise : « Les objectifs sont toujours les mêmes, c’est d’augmenter les centres de profit, de retrouver une santé financière et de retrouver aussi une capacité d’action, pas simplement de réaction. Quand je suis arrivé, j’ai trouvé une compagnie qui était en réaction et qui passait son temps à se plaindre de ce que faisait la concurrence. Aujourd’hui, on change de braquet. On a une direction générale qui est proactive, qui connaît très bien le domaine de l’aérien, qui a fait ses preuves dans le passé ».
Près d’un tiers des réserves du Pays engagées aujourd’hui, selon l’opposition, qui reste très critique dans un climat d’instabilité au sein de la majorité.



