Fermeture du chenil de Afaahiti : « La situation aurait pu être évitée », selon l’ARPAP

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Le Pays a ordonné la fermeture administrative du chenil installé illégalement à Afaahiti, à Taiarapu-Est. Une décision justifiée par des risques sanitaires et des nuisances liées à la présence de plus de 80 chiens. L’ARPAP, qui soutient la fédération Ta Tatou Mau Animara, affirme de son côté que "la situation aurait pu être évitée".

Le ministre de l’Agriculture, des Ressources marines et de l’Environnement a signé un arrêté vendredi dernier ordonnant la fermeture administrative du chenil installé illégalement à Afaahiti, sur la commune de Taiarapu-Est.

Dans un communiqué, le Pays précise que plus de 80 chiens sont présents sur ce site dépourvu des autorisations réglementaires nécessaires. Plusieurs signalements avaient également été effectués concernant des nuisances et des risques sanitaires.

 

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Toute structure accueillant un nombre important d’animaux relève de la réglementation des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE) et doit faire l’objet d’autorisations préalables, rappelle le ministère.

Une fermeture progressive

La fermeture du site ne sera toutefois pas immédiate. L’arrêté prévoit notamment un recensement des chiens et une évaluation sanitaire et comportementale de chaque animal par un vétérinaire. Les animaux adoptables devraient être orientés vers des structures agréées, tandis que ceux nécessitant des soins feront l’objet d’une prise en charge spécifique.

Le Pays assure par ailleurs qu’« aucune euthanasie collective n’est envisagée ». En effet, en Polynésie française, l’euthanasie d’un animal ne peut être pratiquée que par un vétérinaire et uniquement pour des raisons sanitaires, de dangerosité ou de souffrance irréversible.

L’ARPAP réagit

À la suite de ce communiqué, l’Association pour la protection des animaux de Polynésie (ARPAP) a réagi pour préciser son rôle dans ce dossier.

L’association indique soutenir la fédération Ta Tatou Mau Animara (TTMA) à l’origine du chenil, mais affirme « ne pas intervenir dans la régularisation ou la gestion du refuge actuel ». Son action vise plutôt à travailler à une solution d’accueil durable pour les chiens présents sur le site.


L’ARPAP explique ainsi s’appuyer sur l’expertise d’un bureau d’études spécialisé afin de mener, à titre gracieux, une étude de faisabilité pour un projet conforme aux normes sanitaires et environnementales.

Lors d’une réunion technique organisée au ministère le 10 février, l’association indique avoir présenté un projet prévoyant l’installation d’enclos en terrain semi-naturel pour deux chiens chacun, avec un espace d’ébats et un gardiennage permanent.

Selon elle, seule « une possible évolution vers un refuge de plus grande envergure (150 à 200 places) à moyen ou long terme » aurait été évoquée, et uniquement sous réserve d’autorisations administratives.

Refuge de grande capacité ou petites structures ?

Dans son communiqué, le ministre indique toutefois qu’un refuge pouvant accueillir jusqu’à 200 chiens à proximité d’habitations serait juridiquement impossible. Une telle installation relèverait du régime des installations classées et nécessiterait des études approfondies pouvant s’étendre sur plus d’un an.

Le Pays affirme privilégier le développement de structures plus petites, accueillant moins de 20 chiens, afin de limiter les nuisances pour le voisinage et d’améliorer les conditions d’accueil.

De son côté, l’ARPAP estime que « la situation actuelle du refuge d’Afaahiti aurait pu être évitée » si le projet de sanctuaire animalier présenté aux autorités dès 2022 avait été étudié plus tôt.

Le ministère indique néanmoins poursuivre son travail avec la Direction de l’environnement et les communes afin de trouver des solutions durables pour la gestion des animaux errants et des structures d’accueil au fenua.

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