« C’est moi qui ai eu tort de le laisser » : la mère du petit garçon tué à Vairao se confie

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Au lendemain du drame survenu à Vairao, où un enfant de deux ans est décédé après avoir été attaqué par un ou plusieurs chiens, sa mère a accepté de témoigner. Bouleversée, elle confie porter seule la responsabilité de cette tragédie.

La douleur est immense, les mots difficiles à trouver. Pourtant, Sarah, la maman du petit garçon de deux ans décédé lundi à Vairao, a tenu à témoigner.

Ce matin-là, vers 9 heures, elle dépose son fils chez sa nounou, sa « tatate » comme il aimait l’appeler. « Il est monté pour aller la voir et il m’a dit ‘maman, tatate est là' ». Elle lui demande alors si sa « tatate » est reveillée et il lui répond à nouveau « tatate est là ». Rassurée, elle reste quelques instants dans sa voiture : « Je suis restée un peu dans la voiture, je l’ai appelé, il est venu chercher son goûter.  Après, il est parti avec sa tatate. Javais juste entendu un petit cassement de yaourt. J’ai pensé que la tatate était réveillée. Je ne suis pas vite partie, j’ai attendu un peu ».

Mais à 11h30, tout bascule. La nounou l’appelle en hurlant. Sarah accourt immédiatement. « J’ai filé comme une folle. Quand je suis arrivée là-bas… c’était atroce. »

C’est ici, dans cette servitude à Vairao, au sein de la propriété où vivait sa nounou, que le petit a été mortellement attaqué par un ou des chiens. (Crédit photo : Tahiti Nui Télévision)

Sur place, elle découvre son enfant grièvement blessé. « Les oreilles ont été arrachées. Il y avait une grosse morsure au niveau de la joue, des petites morsures au ventre, à la jambe. (…) Et même son talon » confie-t-elle. L’enfant, qu’elle avait déposé habillé, était nu lorsqu’elle l’a retrouvé.

La nourrice possédait plusieurs chiens sur place, appartenant selon elle à son oncle. « Il y en avait un attaché et au moins trois en liberté », précise-t-elle. Son fils connaissait pourtant les animaux. « Il aimait bien les chiens », dit-elle, tout en reconnaissant qu’il pouvait parfois les taquiner.

« Il était joyeux, c’était notre clown à nous. »

Mais aujourd’hui, la jeune mère refuse de rejeter la faute sur quiconque. « Je remets tout ça sur moi. C’est moi qui ai eu tort de l’avoir laissé là-bas. Il n’y a pas à accuser les chiens, la tatate… c’est moi. C’est moi qui ai tort. »

Son fils était son unique enfant. « Il était joyeux, c’était notre clown à nous », raconte-t-elle avec émotion. Très proche de son père et de son grand-père, il aimait les balades à vélo et les sorties en famille.

Dans sa peine, Sarah souhaite désormais adresser un message aux autres parents : « Si vraiment la personne chez qui vous laissez votre enfant n’est pas en dehors de la maison, mieux vaut ne pas le laisser. C’était ma grande erreur à moi. »

Une enquête a été ouverte pour déterminer les circonstances exactes de ce drame, alors que la procureure de la République a rappelé que celles-ci n’étaient pas encore totalement éclaircies.

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