Il étudie aux Etats-Unis depuis plus de deux ans et vit sa passion au quotidien. Ariitea Cotti-Helme a commencé à jouer au tennis dès son plus jeune âge, poussé par son père, lui-même tennisman. « J’ai commencé très tôt, quand j’avais 3-4 ans, sauf que ça ne me plaisait pas tant que ça au début. On va dire que j’ai vraiment commencé à m’intéresser à ce sport quand j’avais 8 ans à peu près », raconte Ariitea. Son intérêt pour le tennis grandit. Ariitea enchaine les compétitions locales et est bientôt reconnu comme l’un des espoirs locaux de la discipline.
Après le baccalauréat, il entame une licence en sciences de l’Education. Mais rapidement, il comprend que cette voie n’est pas la sienne. « J’étais toujours dans la même routine qu’au lycée, je ne découvrais pas de nouvelles choses. J’avais l’impression de stagner ». Il met alors ses études en pause. « Je passais mon temps à traîner avec des amis et j’avais encore plus l’impression de stagner. J’avais l’impression de gâcher un potentiel. »
Un rêve bien enfoui refait alors surface : celui de partir étudier et perfectionner son jeu à l’étranger. « Les États-Unis ont toujours été, on va dire, dans un coin de ma tête depuis que j’étais au collège à peu près, parce que je jouais déjà au tennis à cette époque-là. J’en ai parlé à mes parents, je leur ai dit que j’avais envie de partir pour évoluer, tout simplement, et apprendre une nouvelle langue. »
Après quelques recherches, c’est par le biais d’une agence hexagonale spécialisée que la famille d’Ariitea trouve une université pour l’accueillir, en Californie. Le jeune homme quitte alors Tahiti pour deux premières années d’études prises en charge par ses parents. Là bas, le jeune homme s’illustre : « J’ai gagné tous mes matchs, j’ai fait des bons résultats, on va dire. C’est comme ça que j’ai pu me faire repérer et avoir une bourse sportive. »
Il reçoit alors plusieurs propositions de différents coachs et décide de partir pour la Louisiane. Ariitea joue aujourd’hui en Division 1, plus haute division universitaire, et ses études sont en partie prises en charge. Un soulagement pour sa famille, et l’opportunité pour le Tahitien de poursuivre son aventure à l’étranger. « Le Fenua me manque beaucoup. Mais ce qu’il y a de bien ici, c’est que les opportunités, elles sont infinies. Il y a beaucoup de choses à découvrir. On va dire qu’ils sont 10, 20 ans dans le futur comparé à ce qu’il y a à Tahiti. Du coup, c’est vraiment intéressant pour se développer. »


Désormais, sa vie est rythmée par les entrainements, dès 6 heures du matin, du lundi au vendredi. « Ensuite, je commence les cours à 8h30. Je finis vers 14h30 par là. Après, j’ai une séance de musculation le lundi, le mercredi et le vendredi. Et après, on a entraînement encore à 4h à peu près. Ça fait trois entraînements par jour presque. Je trouve que c’est assez intense, mais je pense que ça nous sert beaucoup parce que ça nous apprend la discipline, la vigueur et le dépassement de soi. »
Ariitea découvre aussi une nouvelle culture, d’autres manières de penser : « Ce que j’aime beaucoup ici, c’est que les gens sont très positifs. Je sais que j’ai des amis qui sont en France et qui font leurs études là-bas. Ils me disent que la mentalité est un peu trop négative. Ce que j’adore ici, c’est que les gens sont toujours là à t’aider, à t’encourager, à vouloir te tirer vers le haut. Ici, si tu es un mauvais élève, entre guillemets, qui a des difficultés, ils vont encore plus te pousser à te dépasser, à avoir des bonnes notes. »
Le sport a été pour lui un tremplin vers une nouvelle vie. Aux jeunes qui hésitent, Ariitea a un message : « s’ils ont envie de faire ça, il faut qu’ils se donnent les moyens. Il faut que vraiment tous leurs efforts soient tournés vers leur objectif. Je leur dirais aussi, sans leur mentir, que c’est compliqué d’être loin de sa famille. Il faut qu’ils soient prêts. Troisièmement, je leur dirais qu’il ne faut pas écouter les gens qui essayent de les décourager. Si tu fais des efforts, tu vas y arriver. »



