Ils quittent Tahiti pour ouvrir une salle de sport en Corée du Sud

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Heiarii et Sabine, passionnés de CrossFit, ont fait le pari audacieux de s'installer en Corée du Sud pour y ouvrir leur propre salle de sport. Un grand écart culturel et entrepreneurial, loin de Tahiti.

C’est une aventure peu commune dans laquelle se sont lancés Heiarii et sa femme Sabine. Le couple s’est rencontré dans l’Hexagone. Le Polynésien était alors militaire. Elle, travaillait dans l’immobilier. C’est à la salle de CrossFit que le coup de foudre se produit… Rapidement, le couple, passionné de sport, décide de se reconvertir. Ils passent un Brevet Professionnel de la Jeunesse, de l’Éducation Populaire et du Sport (BPJEPS). « C’est une formation d’un an dans une école où tu apprends le métier de coach, explique Heiarii. Tu apprends tout ce qui est par rapport au sport, l’haltérophilie, la musculation, l’anatomie. Et en même temps, après les cours, tu as des heures à faire dans des salles de sport, justement. Tu as plus de 400 heures à faire à l’année. C’est quand même une formation qui coûte presque 8000 euros (environ 950 000 Fcfp, NDLR). Tu as des tests d’entrée. C’est beaucoup plus dur qu’en Polynésie. »

Leur diplôme en poche, Heiarii et Sabine envisagent d’ouvrir une salle de sport dans le sud de la France, à Marseille. Mais après un voyage à Tahiti, tout bascule. « Ma femme s’est rendue compte qu’elle n’avait plus sa place en France. Elle se disait qu’elle se verrait bien vivre en Polynésie. (…) Moi, j’avais toujours ce sentiment-là quand je rentrais dans l’Hexagone, d’avoir un manque, de ne pas être bien. C’est ce qui lui est arrivé. De là, on a complètement changé de projet. »

 

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Le couple s’envole donc pour le fenua. Mais ici, leur projet de salle de sport a du mal à se concrétiser. Les locaux qui pourraient accueillir leur projet sont rares, et les loyers trop chers pour eux. « On s’est dit qu’on allait mettre ça de côté. En parallèle, je faisais des coachings à la maison avec tout le matériel que j’avais ramené de France. Mais on avait toujours dans un coin de notre tête, ce projet-là. »

Le couple voyage régulièrement, souvent pour participer à des compétitions de hyrox ou de crossfit. « L’année dernière, nous avons découvert la Corée du Sud pour la première fois, après nous être rendus à plusieurs reprises au Japon. On avait entendu parler de la Corée du Sud par des amis. On y est resté deux semaines et on a participé à une compétition d’hyrox. On a vu que la vie était un peu américanisée. C’était un mix entre le Japon et les Etats-Unis. Ils sont ouverts. Les gens parlent beaucoup plus anglais. Au Japon, très peu de gens parlent anglais. C’est vraiment que du japonais. On a bien aimé la vie ici. En deux semaines seulement, on a vu qu’il y avait énormément de choses à faire. La ville était hyper propre et les gens étaient très respectueux. Et c’était très sécurisé. »

Ce court séjour suffit à leur donner envie de s’installer. Commence alors un long processus de recherche d’un local, de démarches administratives : « une Française nous a recommandé un avocat qui parle très bien anglais et coréen, qui a fait ses études aux Etats-Unis. (…) Il y a beaucoup de documents à faire apostiller, à faire traduire. Donc ça, ça a mis du temps. »

Leur salle a finalement ouvert fin mai. Aujourd’hui, Heiarii, Sabine et leur fils s’adaptent à leur nouvelle vie. « On prend des cours de coréen deux fois par semaine. J’en ai besoin pour pouvoir coacher des coréens. Les Coréens, ils ne parlent pas forcément anglais. (…) Notre fils va à l’école française. Donc, quasiment tous les jours je me lève à 5 heures. J’ouvre la salle, j’ai ma première classe à 6 heures. Et je finis vers 21 heures, la dernière classe. Et en gros, à 22 heures, c’est tout nettoyé, tout fermé. Et je rentre à la maison. (…) Les week-ends, on essaie de faire plein d’activités avec notre fils. Pour l’instant, on est bien en Corée. Je pense qu’on a énormément de choses à faire ici qu’on n’a pas l’occasion de faire à Tahiti. »

Découvrir la Corée du Sud, c’est aussi apprendre à gérer une entreprise à l’étranger : « Parce qu’ils n’ont pas les mêmes méthodes dans le business. Un exemple, à Tahiti, tu peux publier sur Facebook. Ici, ils ont leurs propres applications. Ça s’appelle Naver ou KakaoTalk. Et eux, ils n’utilisent que ça. C’est vraiment différent par rapport aux États-Unis ou à l’Europe. C’est une autre méthode. Ils ont créé des applications exprès qui permettent aux Coréens de faire de la promotion. Ils ne passent que par Instagram ou par Naver. Naver, c’est une plateforme. Où tu mets des avis. Mais l’avis, pour qu’il puisse être pris en compte, il faut que les gens y consomment. Ça veut dire que les gens qui viennent. S’ils ont fait une séance, ils peuvent faire un avis sur Naver grâce à leur reçu. Il faut qu’ils montrent patte blanche, qu’ils prouvent qu’ils ont bien payé la séance. (…) C’est extrêmement carré. Ils sont très procéduriers. Même au niveau bancaire. Ça a été compliqué pour nous. Tout est hyper sécurisé. Par exemple, lorsque tu fais un paiement par virement, tu as 4 ou 5 codes à rentrer. »

Pour l’instant, pas de blues du fenua. La petite famille reviendra bien sûr à Tahiti pour des vacances, mais leur nouvelle aventure en Asie semble bien partie pour durer.

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