Honomana, Starlink, IA : quel avenir pour le numérique en Polynésie française ?

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Entre le câble Honomana et le recours potentiel aux solutions satellitaires comme Starlink, la question de la connectivité reste au cœur des débats pour le futur schéma directeur du numérique. Face aux imprévus techniques, les professionnels du secteur réclament avant tout un réseau stable et des solutions de secours fiables pour désenclaver durablement le fenua.

Où en sont les travaux pour établir un nouveau schema directeur d’u’aménagement numérique (SDAN) ? Une convention a été signée en juin dernier afin de financer une étude dont l’objectif sera de « dresser un diagnostic actualisé et définir une feuille de route opérationnelle à l’horizon 2030 ».

Le dernier SDAN datant de 2017, a pris fin en 2023. Le nouveau doit fixer des objectifs à horizon 2030. « Il y a énormément de défis, il y a la connectivité qu’on connaît déjà, mais il y a aussi les nouveaux usages du numérique, souligne le directeur de la DGEN (direction générale de l’Economie numérique) Raimana Lallemant. On parle tous d’intelligence artificielle, d’exploitation de la donnée aussi, de cybersécurité et dans le cadre de ce nouveau schéma, tous ces éléments seront pris en compte.« 

 

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Public et privé autour d’une même table

Les acteurs du public et du privé ont été invités à participer à la réflexion. Un comité consultatif baptisé Smart Polynésia a été créé. Plusieurs réunions ont eu lieu, des groupes de travail ont été établis avec des thématiques spécifiques : intelligence artificielle, souveraineté numérique ou encore dématérialisation. « Un certain nombre de ponts avaient été brisés depuis un certain nombre d’années entre les autorités publiques et les acteurs économiques privés et le nouveau comité Smart Polynesia vient pour permettre à l’ensemble de l’écosystème de se rencontrer, de discuter et de trouver des solutions en commun. »

Cybersécurité, formation, connexions…

« Le numérique, aujourd’hui, il impacte le monde économique, secteur privé, mais aussi le monde public au niveau de l’administration. Et il faut absolument que tout cela se mette en ordre de marche, de façon coordonnée », estime de son côté le président de l’Organisation des professionnels de l’économie numérique Olivier Kressmann.

Parmi les priorités : la cybersécurité. C’est « un élément fondamental. Mais derrière, forcément, vient la notion de souveraineté. La souveraineté dans la réflexion d’avoir un hébergement local, d’avoir des datas qui restent en Polynésie, qui ne se baladent pas. Et donc, quand on parle de ça, on arrive très vite sur le sujet de l’IA. Tout ça, ce sont des outils qu’il faut mettre en ordre de marche. L’importance, c’est la conduite du changement, qu’on soit dans le secteur public ou dans le secteur privé. »

« Je crois qu’on peut parfaitement comprendre qu’un jeune qui est parti faire ses études à l’extérieur pour monter le plus haut possible en compétences se pose la question de l’intérêt de revenir« 

La formation aux nouveaux outils en entreprise mais aussi la formation des jeunes, futurs acteurs du numérique au fenua, est également au coeur des préoccupations. Des jeunes qu’il faudra s’efforcer de faire revenir sur le territoire après leurs études. « Je crois qu’on peut parfaitement comprendre qu’un jeune qui est parti faire ses études à l’extérieur pour monter le plus haut possible en compétences se pose la question de l’intérêt de revenir par rapport à ce qu’on lui propose comme chantier à mener. (…) C’est compliqué parce qu’on est un petit territoire. Parce que forcément, il n’y a pas pléthore de projets comme on pourrait avoir en Europe. Mais ça vaut le coup quand même d’essayer de le faire parce qu’il y a des sujets qui sont très techniques sur lesquels l’apprentissage se fera certainement hors territoire, mais c’est très technique. Eh bien, on l’a au quotidien chez nous. Donc, on a besoin de compétences. »

« Câbles Google ou pas, ce qu’on attend, c’est de la stabilité.« 

Enfin, bien sûr, qui dit numérique dit connexions Internet. Mais Open ne semble pas totalement partager l’enthousiasme autour de l’arrivée du câble Google Honomana« Câbles Google ou pas, ce qu’on attend, c’est de la stabilité. Et c’est vrai qu’on a un peu du mal à comprendre en 2026 que quelques vagues un peu fortes du côté d’Hawaii puissent perturber la communication qui est la nôtre aujourd’hui au travers des câbles sous-marins. La stabilité est l’essentiel. On est sur des autoroutes de l’information. Il faut revenir sur cette notion-là. Quand on veut avoir beaucoup de véhicules qui circulent à un endroit, il faut un réseau routier qui soit propre, qui soit stable. Et ce sont les autoroutes, en général, qui le permettent. C’est pareil dans le numérique. Il faut des autoroutes de l’information. C’est tous les moyens de communication. Le câble sous-marin en est un, mais ce n’est pas forcément le seul. »

Olivier Kressmann estime qu’une solution satellitaire telle que Starlink n’est pas à écarter. « On aurait tort de penser que ce ne sont pas des réponses qui nous concernent pour des raisons économiques, ne serait-ce que sur un plan backup. (…) Que l’on soit dans une logique avec un modèle économique qui nous fasse passer par du câble ou autre satellitaire, via un opérateur comme OPT, c’est tout à fait cohérent. Mais on doit avoir une solution de backup parce qu’on ne peut plus se permettre d’être tributaire d’un aléa technique qui peut arriver. On est très isolé dans le monde. »

Le nouveau schéma directeur du numérique devrait être finalisé « fin 2027 » selon la DGEN.

Retrouvez ces interviews dans votre émission Meta Fenua du mardi 22 septembre, 16h55 sur TNTV

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